Écoutez le chant de ce drôle d’oiseau

Non, cet oiseau n’est pas un petit cochon qui a malproprement mangé les derniers vers de son menu. D’ailleurs, il ne mange pas de vers. Presque seulement de gros fruits. Et les drôles d’excroissances qui pendent à son bec ne sont autres que ce que les scientifiques appellent des caroncules. Des excroissances de chaire qui peuvent mesurer jusqu’à dix centimètres de long. Le coq en a, aussi, de bien plus courtes.

Ce drôle d’oiseau doit même une partie de son nom à cette particularité physique. Les chercheurs l’ont baptisé Araponga tricaronculé ou Procnias tricarunculatus. Il vit en Amérique centrale. Au Honduras, au Nicaragua, au Costa Rica ou encore au Panama.

Un chant puissant et complexe

Et lorsqu’arrive la saison des amours, attention les oreilles. Car l’Araponga tricaronculé est réputé pour son chant très particulier. Un chant qui ne semble pas instinctif. Mais appris de ses congénères. Un chant qui laisse donc apparaître quelques dialectes régionaux. Des grincements, des sifflements, des notes dures ou aiguës.

Surtout, l’un des chants les plus puissants du monde aviaire. L’équivalent de 100 décibels. Un chant qui porte d’autant plus que c’est perché à la cime d’un arbre, le corps tendu et le bec très largement ouvert que le mâle l’émet. Tout en agitant ses caroncules. Une parade nuptiale à la fois sonore et visuelle, donc, qui permet aussi au mâle de marquer son territoire, de signifier à ses éventuels concurrents, une sorte de… chasse gardée !

Malheureusement, cet incroyable oiseau est aujourd’hui rendu vulnérable par la déforestation massive en cours dans la région du monde où il vit. Il n’en resterait pas plus de 15.000 individus. Et la population semble décliner rapidement.

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