Darmanin parle d’« écoterrorisme » après les actions contre les bassines, la gauche s’insurge

POLITIQUE - L’expression employée par le ministre de l’Intérieur ne fait pas consensus. Gérald Darmanin a qualifié d’« écoterrorisme » les actions des manifestants réunis dans les Deux-Sèvres samedi 29 et dimanche 30 octobre. Ils protestent contre la création de bassines à usage agricole à Sainte-Soline.

« Il me semble que cette terminologie est juste, a défendu Marc Fesneau lundi 31 octobre. Quand vous agissez par la force et la violence pour faire passer vos idées, il me semble que c’est inacceptable », a détaillé le ministre de l’Agriculture. « Dans le jargon des services de renseignements, c’est un terme qui est évidemment utilisé », a justifié le même jour le préfet de police à Paris Laurent Nunez.

« Une insulte, une obsession »

À gauche, le terme ne passe pas. « L’écoterrorisme c’est une insulte aux militants de l’écologie, c’est une insulte aux victimes du terrorisme d’associer le mot terrorisme à écologie », s’est indignée Clémentine Autain. La députée LFI a dénoncé un « écran de fumée » destinée à masquer le « contenu du combat ».

« De quoi on va parler ? De ce terme, d’une toute petite fraction qui avait envie d’en découdre et pas du fond du sujet qui est de savoir s’il est juste de réserver pour 12 agriculteurs des immenses bassines, qui vont dérégler le cycle de l’eau », a affirmé Clémentine Autain.

Un avis partagé par Sandra Regol : Gérald Darmanin aurait eu la volonté de « faire un bon mot qui sera retenu par les médias », a déploré la députée écologiste.

Sans réemployer le terme, des personnalités politiques de droite ont appelé « à rétablir l’ordre ». « On a des mouvements gauchistes sur le terrain qui font de la politique et non de l’environnement, » considère Gilles Platret. Le vice-président des Républicains a ajouté « Je pense que Gérald Darmanin joue gros sur cette affaire, parce que si une ZAD venait s’installer ici ce serait une défaite. »

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