Écologie : qui va payer la 4e révolution industrielle ?

Par Emmanuel Berretta

Ursula von der Leyen le 14 janvier 2020.

La Commission prépare, pour mars, une « green law » pour faire face aux défis du réchauffement climatique. La facture s'annonce salée.


Le constat réalisé par la Commission de Bruxelles est brutal : nos infrastructures datent globalement des années 1960, elles sont totalement obsolètes et n'ont pas été conçues pour durer éternellement. Le manque d'eau va se faire sentir pour refroidir les usines ou même affecter la navigation fluviale (comme cela arrive déjà l'été sur le Rhin). L'érosion des sols de l'Europe devient criante (voir carte ici). Autrement dit, la valeur des terres agricoles va s'effondrer dans le Sud et augmenter dans le Nord. Une désertification est à redouter. Sans un sursaut, c'est-à-dire sans un investissement massif, l'Europe va dans le mur… « Notre choix n'est pas de dépenser ou de ne pas dépenser, souligne un haut fonctionnaire de la Commission. Notre choix consiste à dépenser pour éviter le réchauffement climatique ou dépenser pour réparer les dégâts du réchauffement. »

Avec le risque de payer deux fois : une fois pour changer de modèle européen et une seconde fois pour réparer quand même les dégâts que d'autres continents, d'autres puissances industrielles hors UE, moins soucieux de la planète auront tout de même causés puisque tout est lié en matière climatique. L'Europe, rappelons-le, n'est responsable que de 9 % des émissions de gaz à effet de serre et ne saurait, à elle seule, « sauver la planète », pour reprendre ce slogan quelque peu naïf. Du reste, le scepticisme vis-à-vis du pacte vert, promu par la Commission européenne, se fait jour au sein même du PPE, le grand parti des chrétiens-démocrates, au cœur de la majorité parlementaire strasbourgeoise. Au sein de la CDU, tous ne sont pas convaincus que les valeurs de l'écologie doivent réduire ou faire passer au second plan les intérêts industriels de l'Allemagne. Il n'est pas innocent que 35 eurodéputés du PPE aient préféré (...)

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