Critiquée au sein d'EELV, Sandrine Rousseau dénonce les insultes contre Yannick Jadot

Yannick Jadot et Sandrine Rousseau sont qualifiés pour le second tour de la primaire écologiste. - MEHDI FEDOUACH / AFP
Yannick Jadot et Sandrine Rousseau sont qualifiés pour le second tour de la primaire écologiste. - MEHDI FEDOUACH / AFP

Ce dimanche, des propos tenus sur BFMTV par la députée EELV Sandrine Rousseau à propos de la politique de Yannick Jadot, candidat écologiste malheureux à la présidentielle, ont provoqué une levée de boucliers parmi ses proches, à un mois du congrès du parti.

"Comment on porte haut et fort les valeurs de l’écologie?"

Samedi, lors d'une mobilisation de militants écologistes à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) contre le chantier d'une réserve d'eau, Yannick Jadot a été chahuté par un groupe de militants. Il a également vu la voiture qu'il avait empruntée pour s'y rendre, louée par le député écologiste Charles Fournier, taguée avec le mot "crevure" peint dessus.

Sandrine Rousseau, interrogée sur ces inscriptions sur notre antenne, ne les cautionne pas et a jugé qu'elles ne faisaient "pas tellement avancer le débat". Avant d'ajouter: "Ceci dit, il faut que Yannick Jadot entende qu'on a besoin de retrouver une écologie de combat qui a été l'écologie pendant des années".

"Aujourd'hui, il y a une question qui est de savoir comment on porte haut et fort les valeurs de l’écologie, comment on porte haut et fort qu'il faut préserver les biens communs et que le système dans lequel nous sommes n'est plus possible aujourd'hui", a-t-elle poursuivi.

Selon elle, "la manière dont Yannick Jadot présente l'écologie interroge des manifestants qui s'engagent pleinement dans ces luttes-là".

"Yannick Jadot n'a aucune leçon à recevoir"

Sandrine Rousseau, qui avait affronté Yannick Jadot l'année dernière lors de la primaire écolo, n'avait pas caché ses divergences avec l'eurodéputé EELV pendant la présidentielle. Elle avait d'ailleurs été démise de ses fonctions au sein de l'équipe de campagne.

Dans un tweet publié ce dimanche soir, Sandrine Rousseau rappelle cependant que "l'écologie est non-violente". "On peut être contesté pour des positions politiques mais pas insulté. Yannick Jadot n'avait pas à être insulté", nuance-t-elle.

Malgré ce dernier tweet, ses propos agitent désormais les membres de leur parti. Un soutien de Yannick Jadot a estimé, auprès de BFMTV, que Sandrine Rousseau "a choisi les blacks-blocks contre l'écologie", avant d'ajouter: "Nous ne faisons pas le même choix."

"Yannick Jadot n'a aucune leçon à recevoir. Il était mobilisé contre ce projet de bassine bien avant ceux qui l'insultent. Ce que dit Sandrine Rousseau, c'est qu'elle ne fait plus partie de la famille EELV. Dans ce cas, qu'elle parte", a poursuivi cette même source.

"Aucune raison légitime aux insultes"

Charles Fournier, qui avait loué la voiture taguée, affirme sur Twitter que Yannick Jadot "était sur place pour mener un combat justement" et ne trouver "aucune raison légitime aux insultes".

Sur le même réseau social, Nolwenn Henry, conseillère municipale à Quimper et ancienne référente des Jeunes avec Jadot, juge que l'eurodéputé fait déjà, "depuis longtemps", une écologie de combat. Stéphanie Dembak, adjointe EELV à la mairie du 19e arrondissement de Paris, défend également ce dernier.

À un mois du congrès du parti, qui se tiendra les 26 novembre et 10 décembre, avec un changement à la tête d'EELV, les différentes lignes politiques au sein d'EELV se font ainsi de plus en plus entendre.

Article original publié sur BFMTV.com