Écoles : le port de l'uniforme, un débat qui traverse les décennies

1945 : à l'école, la blouse est alors de rigueur, et incarne la nécessaire égalité entre les élèves. 15 ans plus tard, elle devient moins sombre, plus souple, mais toujours présente. Le jean, les cheveux longs ? "Ça fait mauvais genre", estime alors un écolier. Les baskets, elles, font "les pieds plats". Dans les années 60, la nouvelle vague bouscule les codes vestimentaires, et l'école adapte son discours, sans bouleverser ses règles. "On nous interdit les cheveux dans le dos, les cheveux décolorés, le maquillage, les lunettes fumées, le sac à main, les pantalons, les collants", énumère ainsi une élève. Des expérimentations, mais pas de loi En France, aucune loi n'a jamais imposé d'uniforme à l'école publique : c'est le règlement intérieur des établissements qui statue. En mai 68, la déferlante des mini-jupes balaie l'ancien monde dans les cours de lycée. Les cheveux s'allongent chez les garçons, et les jupes rétrécissent chez les filles. Durant deux décennies, les modes se succèdent, même si les looks les plus atypiques restent aux portes de l'école. À la fin des années 90, nouveau changement d'ambiance : les jeans troués, nombrils à l'air, piercings et cheveux décolorés s'invitent dans les établissements. Certains directeurs n'en veulent pas. Alors en 2003, le ministre de l'Éducation nationale, Xavier Darcos, suggère le retour de l'uniforme à l'école. Le débat est lancé. Quelques expérimentations voient le jour, comme à Provins (Seine-et-Marne), où plus de 300 élèves sur les 750 de la commune acceptent uniforme. Puis Jean-Michel Blanquer relance ensuite le sujet en 2020, avec la tenue "républicaine"... Le débat est toujours en cours.