Écoles de commerce : comment peuvent-elles répondre aux discours engagés des étudiants ?

© XAVIER VILA/SIPA

Comment les écoles de commerce (EC) peuvent-elle répondre aux contestations croissantes, telles que celles observées cette année lors des discours de remises de diplômes d’AgroParisTech, Polytechnique, Sciences Po ou encore HEC Paris ?

Dans un monde interconnecté, fragilisé par les inégalités, dominé par une idéologie néolibérale, ces écoles auraient-elles perdu leur « raison d’être » au moment même où les entreprises se créent des « missions sociales » ? Comment peuvent-elles alors contribuer à changer le processus de reproduction et d’amélioration des systèmes existants centrés sur la consommation et le profit sans fin pour aller vers un plus grand respect de tout·e·s et de tout ?

Il est clair que « rajouter » des cours d’éthique, de comportement responsable, de finance verte, etc., pour importants qu’ils soient, ne semble pas être suffisant à contrer les nombreux scandales et les « dérapages éthiques » qui se jouent encore dans les organisations. La crise est institutionnelle et systémique. Elle est dénoncée par de nombreux chercheurs, l’exemple le plus frappant étant la lettre (ouverte) de démission de Laurent Lieven qui a quitté en septembre dernier la faculté des sciences de gestion de l’UCLouvain en expliquant clairement le déni collectif et l’inertie des écoles/universités face aux « dangers » du modèle actuel.

Traumatisme de naissance

Les écoles de commerce sont nées pour répondre au besoin exprimé par les entreprises de former leurs cadres aux nécessités du négoce da...


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