« Pour une école de la "relévation" dans les prisons »

Le centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne.  - Credit:Jérémy Paoloni/Abaca
Le centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne. - Credit:Jérémy Paoloni/Abaca

En juillet 2023, les députées Caroline Abadie (Renaissance) et Elsa Faucillon (Nupes) ont souligné dans un rapport d'information sur les alternatives à la détention l'importance de la qualité de l'éducation en prison. Rien ne protégera jamais les victimes de la brutalité, de la cruauté et de l'injustice ; rien ne détournera les coupables du désir de vengeance, de violence et parfois de meurtre. Mais nous voulons croire que chacun – quelles que soient ses blessures et quelles que soient ses fautes – peut avoir l'espoir d'une élévation, ou mieux d'une « relévation ».

La victime, bien sûr, dont on doit alléger la souffrance et soigner les traumatismes, mais aussi le coupable si l'on veut qu'il ait une chance de réinsertion. L'élévation résiliente doit donc être la constante priorité de la proposition éducative faite à ceux que l'on a été contraint d'enfermer. Cette élévation sera infiniment facilitée si « l'égaré » peut appuyer son « redressement » sur une pensée rigoureuse, portée par une langue précise et nourrie par une culture universelle.

Refuser la dictature de l'évidence

Portant haut une pensée exigeante, la richesse culturelle et la précision linguistique feront ainsi alliance pour inviter les détenus à refuser la dictature de l'évidence et du conformisme et les garderont de la soumission aux apparences. Elles les inciteront à relever le défi de la distance et de la différence. Enfin, elles les porteront à l'analyse, à la démonstration et à l'argumentat [...] Lire la suite