"Ça ravive tout": le père d'une victime des attentats du 13-Novembre témoigne avant l'ouverture du procès

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Yves Prénat a perdu sa fille, tuée dans les attentats du 13-Novembre 2015 au Bataclan. - BFM Lyon
Yves Prénat a perdu sa fille, tuée dans les attentats du 13-Novembre 2015 au Bataclan. - BFM Lyon

De Caroline, il ne lui reste plus qu'une mosaïque de clichés, apposée sur un mur, et une multitude de souvenirs. Yves Prénat a perdu sa fille de 24 ans le soir du 13 novembre 2015. Elle assistait au concert des Eagles of Death Metal au Bataclan quand trois terroristes ont fait irruption dans la salle et ont tiré dans la foule, ôtant la vie à 90 personnes.

L'ouverture du procès des 20 accusés, ce mercredi à Paris, rouvre les plaies d'Yves Prénat, près de six ans après la perte de celle qu'il surnomme affectueusement "Caro".

"Les années passent mais la douleur reste, confesse le Lyonnais. En ce qui me concerne, j'ai l'impression que, parfois, elle s'amplifie. C'est terrible parce que vous arrivez à recommencer à vivre. Et puis on tombe sur quelque chose qui nous rappelle (l'attentat, ndlr). Donc là, ça fait très mal. Avec ce procès, de tous les côtés, on ne parle que de ça. Évidemment, ça ravive tout."

"Je n'ai pas envie qu'on m'en raconte plus"

Le père de famille fera partie des 1765 parties civiles. Une décision prise après une longue hésitation. S'il espère des condamnations, Yves Prénat souhaite surtout qu'un tel drame ne puisse plus se produire à l'avenir.

"Je n'ai pas envie qu'on m'en raconte plus que ce que je sais déjà, explique-t-il. J'ai eu beaucoup de chance. Je pense que Caro, si j'ai bien compris ce que m'ont dit les policiers, était une des toutes premières. Ils m'ont dit qu'elle n'a pas souffert, qu'elle souriait. On a dû lui tirer dans le dos. C'est l'image la moins pire (sic)."

Et d'ajouter: "Donc si c'est pour entendre tous ces détails, toutes ces choses. Non, je n'ai pas le courage. Je ne suis pas sûr que ça soit nécessaire".

Aujourd'hui, Yves Prénat estime que "la vie doit continuer". Il marque une pause: "Avec le sourire de préférence". Puis une seconde: "Ce qui n'est pas évident".

Pour le Lyonnais comme pour les autres proches des victimes des attentats, la marche en avant ne pourra réellement reprendre qu'au terme du procès, dans neuf mois.

Article original publié sur BFMTV.com

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