"Ça peut être une des pistes": l'exécutif n'exclut pas d'avancer les vacances scolaires pour ralentir l'épidémie

Le service politique de BFMTV avec Jeanne Bulant
·4 min de lecture
Une enseignante en langue des signes dans une école de Ramonville en décembre 2020. - Fred SCHEIBER
Une enseignante en langue des signes dans une école de Ramonville en décembre 2020. - Fred SCHEIBER

Plusieurs fois évoquée ou réclamée mais jamais mise en pratique, l'idée d'avancer les vacances scolaires pour freiner l'épidémie est-elle la prochaine étape dans les territoires particulièrement sous tension? C'est en tout cas ce qu'a suggéré ce mercredi la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, qui a proposé d'avancer dans la région les vacances scolaires de Pâques de deux semaines, au 2 avril, alors que l'épidémie s'emballe.

"Il faut freiner" l'épidémie de Covid-19, a-t-elle lancé, "mais on n'a pas beaucoup de freins". "Je me demande si la bonne mesure ne serait pas d'avancer les vacances scolaires de 15 jours afin de fermer les écoles dès le 2 avril", a-t-elle poursuivi, alors que les vacances de printemps sont normalement fixées du 17 avril au 3 mai cette année en Île-de-France (zone C).

"Une réponse concrète à l'explosion de cas" à l'école

Du côté de l'exécutif, cette piste n'est en tout cas plus exclue. La fermeture des écoles plus tôt que prévu pour les vacances "peut en effet être l'une des pistes", confirmait ce mercredi à BFMTV une source au sein de l'exécutif, avant d'ajouter: "Peut-être faudra-t-il aller plus loin la semaine prochaine".

"Valérie Pécresse est très maligne", reconnait ce mercredi un conseiller de premier plan au sein de l'exécutif auprès de BFMTV. "Elle sent que le sujet commence à monter et que l'idée circule, et nous oblige à nous positionner par rapport à elle. Depuis le début de la crise sanitaire, c’est la plus constructive".

L'exécutif considère qu'une fermeture des établissements scolaires plus tôt que prévu au mois d'avril pourrait permettre d’apporter "une réponse très concrète à l’explosion des cas dans les écoles". "Si on devait prendre la décision d'avancer les vacances, cela pourrait nous permettre de sauver la face", confie mercredi ce même conseiller de l'exécutif. De cette manière, "on ne toucherait alors pas au totem que représente la fermeture des écoles. Car le problème, quand vous fermez les écoles, c'est que vous ne savez jamais quand vous allez les rouvrir".

Une décision dès la semaine prochaine?

Pour l'heure, l'exécutif considère avoir encore "une semaine de répit" avant de devoir trancher. "On va essayer de pousser les feux jusqu’au bout sur la stratégie territoriale", ajoute cette même source, qui rappelle et se félicite que "45 millions de Français ne soient à ce jour toujours pas reconfinés.

Le ministre de l'Éducation nationale, lui, ne cache pas sa réticence face à cette idée. Jean-Michel Blanquer a toujours dit qu'il n'était pas convaincu par l'idée d'avancer ou de prolonger les vacances, car il ne souhaitait pas perturber davantage la vie des familles et l'organisation des établissements, dans une période déjà particulièrement troublée. Mais maintenant que "l'idée est sur la table", son entourage assure à BFMTV que "s'il faut le faire, il le fera".

"L'idée d'allonger ou d'avancer les vacances scolaires n'est pas nouvelle", rappelle-t-on dans son entourage, le Conseil scientifique l'avait en effet déjà suggérée en janvier en vue des vacances de février. Mais si une telle mesure venait à être décidée, celle-ci devrait être prise rapidement pour la zone C (soit dès la semaine prochaine) afin de ne pas prendre les familles de court.

"Une fausse bonne idée" pour la mairie de Paris

Par ailleurs, pour l'entourage du ministre de l'Éducation nationale, si une telle décision était prise, les vacances ne seraient pour autant pas forcément allongées de deux semaines à un mois: il s'agirait à proprement parler d'une fermeture des écoles avec éducation à distance. Car Jean-Michel Blanquer estime que "la rupture d'apprentissage ne peut pas excéder deux semaines, au risque de nuire aux élèves".

Mais officiellement, le ministère de l'Éducation dit plutôt miser "sur un passage en demi-groupes de travail au collège" ou encore sur "de nouvelles restrictions sur les cantines" pour lutter contre la propagation du virus dans les établissements.

La proposition de Valérie Pécresse n'a enfin pas séduit la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo. "C'est une fausse bonne idée (...) Je pense qu'il y a une alternative encore aujourd'hui" à l'avancement des vacances, qui s'appelle vacciner les enseignants et les personnels qui travaillent avec les enfants", a-t-elle affirmé sur RTL.

Article original publié sur BFMTV.com