"Ça n'est pas souhaitable" : Houlié s'oppose à Darmanin sur l'expulsion de familles de délinquants

Gérald Darmanin en juin 2022 et Sacha Houlié, en septembre 2018 - Sameer Al-Doumy / GUILLAUME SOUVANT / AFP
Gérald Darmanin en juin 2022 et Sacha Houlié, en septembre 2018 - Sameer Al-Doumy / GUILLAUME SOUVANT / AFP

Le ministre de l'Intérieur avait expliqué la semaine dernière qu'il souhaitait "généraliser l'expulsion des logements sociaux des familles" de délinquants, en précisant qu'il convenait d'écarter de cette sanction les familles en difficulté comme les familles monoparentales.

Le président de la Commission des lois à l'Assemblée, Sacha Houlié (Renaissance), a jugé ce samedi ni "constitutionnelle", ni "souhaitable" la proposition de Gérald Darmanin d'expulser des familles de délinquants de leur logement social.

"Les peines, elles sont individuelles: on est puni pour ce qu'on a fait et on n'a pas besoin d'étendre des peines à la famille ou à des personnes qui sont des tiers qui ne sont pas responsables de l'infraction qui été commise", a estimé le député de la majorité présidentielle sur France 2.

Le ministre de l'Intérieur avait expliqué la semaine dernière qu'il souhaitait "généraliser l'expulsion des logements sociaux des familles" de délinquants, en précisant qu'il convenait d'écarter de cette sanction les familles en difficulté comme les familles monoparentales.

"Je pense que ça n'est pas constitutionnel et par ailleurs, ça n'est pas souhaitable", a dit Sacha Houlié.

"Ne mettons pas tout le monde dans le même sac"

Interrogé par ailleurs sur les propos du ministre, qui avait indiqué vouloir rendre "impossible" la vie des étrangers faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF), Sacha Houlié a estimé que "si on parle d'étrangers qui commettent des actes de délinquance, oui pour eux, il faut pouvoir rendre leur vie impossible, les expulser".

Mais, a-t-il fait valoir, "si on parle des travailleurs, c'est-à-dire ceux qui vous servent dans les restaurants, ceux qui sont des médecins, ceux qui sont des infirmiers, des ingénieurs, et bien je pense que pour ces personnes qui ont des renouvellements de titres - qui peuvent être (...) difficiles et qui peuvent donner lieu à des obligations de quitter le territoire -, là, on pourrit la vie de gens qui rendent service à la nation française, qui sont souvent intégrés".

"Et donc je dis, ne mettons pas tout le monde dans le même sac, faisons le tri entre ceux qui méritent d'être expulsés et ceux qui rendent service à la nation française en remplissant des tâches qu'aujourd'hui personne ne veut remplir, dans les métiers en tension", a poursuivi Sacha Houlié en appelant, "pour ceux-là", à leur rendre "plutôt la vie plus facile".

"Je souhaite une alliance qui ne soit pas qu'avec LR"

L'opposition à Gérald Darmanin de cette figure de l'aile gauche de la Macronie intervient à un moment où Emmanuel Macron tend de plus en plus la main aux Républicains, incitant les députés Renaissance à travailler avec la droite pour passer les prochaines réformes. Nicolas Sarkozy, dans un récent entretien au Journal du dimanche, a également invité le chef de l'État à "franchir le Rubicon" en se positionnant de manière plus franche à droite de l'échiquier politique.

Interrogé à ce sujet sur France 2, Sacha Houlié a, de son côté, affirmé souhaiter une alliance "qui ne soit pas qu'avec Les Républicains". Ce dernier a pris l'exemple du texte sur l'accélération de la production des énergies renouvelables, auquel Les Républicains "sont farouchement opposés".

"Le travail qu'on aura à faire sera d'abord de convaincre les députés écologistes, pour lesquels des électeurs écologistes ont voté et qui veulent une décarbonation de l'économie. Si ces parlementaires, qui représentent une voix politique à l'Assemblée nationale, veulent traduire dans la loi les objectifs pour lesquels les électeurs les ont portés à l'Assemblée, alors ce sont eux qui doivent voter notre texte", a-t-il expliqué.

Selon notre nouveau sondage "L'Opinion en direct" élaboré par l'institut Elabe, plus de la moitié des Français (57%) sont favorables à un rapprochement entre Emmanuel Macron et la droite pour travailler ensemble sur certaines réformes.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Expulsion des "délinquants étrangers" : l'interview intégrale de Gérald Darmanin sur BFMTV