"Ça ne peut pas durer": un spécialiste du nucléaire met en garde contre les coupures répétées de la centrale de Zaporijia

Centrale de Zaporijia vue depuis Energodar.  - Ed Jones
Centrale de Zaporijia vue depuis Energodar. - Ed Jones

Les combats ne peuvent "plus durer" sur la centrale de Zaporijia. Invité de BFMTV ce samedi, Ludovic Dupin, directeur de l'information de la SFEN, la société française d'énergie nucléaire, a mis en garde sur le danger des "on/off" imposés à la centrale nucléaire depuis plusieurs semaines.

"La situation est en train de se dégrader à vitesse grand V", regrette-t-il. "On avait eu l'espoir début septembre avec l'inspection de l'AIEA que la situation se détende, qu'il y ait moins de pression sur la centrale, et là on se retrouve à nouveau avec des coupures d'électricité. La centrale y résiste, parce que les installations de sûreté sont en très bon état. Ceci dit, ça ne peut pas durer, il faut arrêter d'harceler cette centrale."

S'il reconnaît que "démilitariser" la centrale comme le souhaite le président Volodymyr Zelensky semble "impossible", Ludovic Dupin souligne la nécessité de "préserver" la centrale, au risque d'avoir "un souci".

"À un moment, il n'y aura plus de digue"

Il revient précisément sur ce que signifie le débranchement de la centrale, et sur les risques d'une répétition de ce type de "on/off". À chaque débranchement, la centrale s'auto-alimente et les réacteurs eux-mêmes produisent l'électricité.

"Pour l'instant la centrale fonctionne très bien, mais elle pourrait très bien ne plus fonctionner et qu'on passe à l'étape suivante. Et à force d'enfoncer des digues, à un moment il n'y aura plus de digue", explique-t-il.

Ludovic Dupin précise que si la centrale venait à ne plus s'auto-alimenter, "on a 10 jours de réserve de diesel" pour le faire. Néanmoins, il assure que le fait d'allumer et éteindre la centrale à répétition risque de rogner encore et encore sur la marge de sûreté, concluant qu'il "faut arrêter les combats, il n'y a pas de questions à se poser."

Article original publié sur BFMTV.com