«Ça n’arrête pas»: par crainte d'un confinement, les Pékinois se ruent dans les supermarchés

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Après Shanghai, c’est au tour de la capitale de s’inquiéter du rebond Omicron en Chine. Suite à la découverte de nouveaux cas de contaminations ce week-end, une partie des habitants ont dû effectuer un test PCR avant d’aller au travail ce lundi, après s’être précipités dans les supermarchés par crainte d’un confinement.

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

La caisse enregistreuse de l’épicier sonne comme une arrivée en gare, et pourtant, la journée ne fait que commencer pour cette supérette du centre de Pékin. Les premiers clients sont arrivés dès l’ouverture. « Je ne sais pas pourquoi tout le monde fait des réserves. Moi il n’y a plus rien près de chez moi, alors je viens ici ! Les œufs par exemple, il n’y en a plus. Mais je ne sais pas pourquoi tout le monde achète. Les autres le font, alors moi aussi. On achète juste un peu. Je prévois un mois de nourriture, ce sera suffisant je pense », raconte cette trentenaire venue d’un quartier voisin.

Un mois de confinement ? Pour l’instant, ce n'est pas le cas, mais des signes peuvent le laisser craindre. Quelques résidences sont déjà « scellées », des stations de métro ainsi que des parcs du district de Chaoyang ont été fermés suite à la découverte de dizaines de nouveaux cas de contamination depuis vendredi.

« Les commandes ne s'arrêtent pas »

Devant la supérette, debout sur leurs pattes arrière, des petits chiens piaffent en attendant leurs maitres ou leurs maitresses au bout de leur laisse. Sur leurs scooters garés en face de la porte du magasin, deux livreurs ont les yeux rivés sur leur smartphone. Dès dimanche soir, les épiceries en ligne ont été prises d’assaut. On ne trouve plus de riz ou de farine en ligne. « Tout le monde commande en ce moment, ça n’arrête pas ! Il y a des livreurs partout devant les marchés et les supermarchés, qui attendent prêts à transporter les marchandises », témoigne l'un d'eux.

Autre signe : des consignes auraient été envoyées aux commerçants afin qu’ils renforcent leurs stocks. La chaîne de supermarché Wumei affirme ainsi avoir augmenté ses achats, notamment de légumes ces derniers jours, avec des réserves 1,5 à 2 fois plus importantes que le volume des ventes quotidiennes, selon le journal Huanqiu.

Des livreurs en pagaille, des rayons bien achalandés, les médias d’État ont multiplié les reportages sur les prédispositions prisent par les entreprises pour que les rayons alimentaires puissent répondre à la demande. Une manière de marquer la différence avec le début du confinement de Shanghai. Mais en réalité, ce sont surtout les Pékinois qui ont anticipé.

Échaudés par les nouvelles venues des confinés de Shanghai, après avoir entendu les autorités sanitaires de la capitale parler d’une situation « sinistre et urgente », ces derniers ont pris les devants en achetant les biens de première nécessité permettant de répondre à un siège. À quelques centaines de mètres de la supérette, le haut-parleur de la marchande de légumes n’a pas besoin de s’égosiller sur les promos de la veille, là aussi les clients remplissent leur panier à ras bord.

« Bulle sanitaire dans la bulle sanitaire »

Les bras chargés d’œufs, de nouilles et de farine, un grand-père répète comme une incantation que Pékin est mieux protégé. Il est confiant : « Je fais des réserves, car il y a quatre générations sous mon toit, quatre bouches à nourrir. Mais le virus ne devrait pas s'installer longtemps à Pékin, c’est la capitale, il n’y a pas de problème », répète ce dernier à trois reprises en sortant du magasin.

Pékin est une bulle sanitaire dans la bulle sanitaire, et jusqu’à présent la grande muraille « Zéro Covid » a permis de contenir le virus, notamment pendant les JO. « Je suis testée toutes les semaines depuis des mois », confie la vendeuse qui, elle aussi, espère que la capitale ne sera pas confinée dans les jours qui viennent.

« Moi j’ai peur, alors je fais des petits achats complémentaires », reconnait une mamie tirant son caddie archi plein. La suite, les Pékinois devraient la connaitre rapidement. Les futurs confinements des résidences, des quartiers, des districts voire de la ville entière dépendront de la campagne de tests en cours. Toute la journée, de longues files d’attente se sont formées sur les trottoirs de Chaoyang, avec au bout des tentes blanches les écouvillons des brigades sanitaires. Les 3,45 millions d’habitants du plus grand district de la capitale chinoise doivent tous se faire tester, mais d’autres districts pourraient suivre cette voie.

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