De A à Z, les mots d'une année 2020 marquée par le Covid-19

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Du début à la fin, cette année 2020 aura été vécue à l'ombre du Covid-19, virus destructeur à l'impact planétaire. France 24 résume cette année si particulière en 26 mots, de A à Z, symbolique d'une année qui a pris tout le monde au dépourvu.

L'année 2020 a été marquée par la pandémie de Covid-19. Une lapalissade incontournable au moment de faire le bilan d'une année hors normes. Si "Covid-19" tout comme son grand frère "coronavirus" sont les champions toute-catégorie en matière de mots de l'année, notre vocabulaire s'est enrichi cette année d'expressions issues du jargon médical et sanitaire. Mais pas que. Florilèges.

A comme… Asymptomatique : Une personne infectée par le virus et contagieuse sans pour autant en afficher les signes cliniques. Le pire cauchemar pour établir une politique sanitaire.

B comme Bamboche : En 2020, "la bamboche, c'est terminée !" Cette formule un brin paternaliste du préfet de la région Centre-Val de Loire, Pierre Pouëssel a imprimé les esprits et résume la morosité à laquelle se résume nos vies sous le Covid-19 : plus de restaurants, plus de bars, plus de discothèques… Et pas d'exception au couvre-feu pour le réveillon du 31 décembre.

C comme Confinement (et ses dérivés) : Avec Covid-19, c'est le mot incontournable de l'année. Au plus fort de la pandémie, plus de la moitié de l'humanité s'est retrouvée confinée, c'est-à-dire avec l'obligation de rester chez soi pour éviter toute propagation du virus. Un fait inédit dans l'Histoire. Heureusement, après l'hiver vient le printemps et après le confinement vient le "déconfinement". Cependant, en cas de non-maîtrise de la deuxième vague épidémique, il peut aussi y avoir "reconfinement". Et ainsi de suite…

D comme Distanciation sociale : Geste barrière incontournable, il s'agit de l'acte de respecter une distance de sécurité et de réduire son nombre de contacts avec d'autres individus dans la journée pour limiter la propagation de l'épidémie. L'Académie français note que c'est une traduction peu heureuse de l'anglais "social distancing".

E comme EELV : Grand gagnant des élections municipales françaises de 2020, le parti écologiste a remporté plusieurs mairies en coalition avec des formations de gauche : à Lyon, à Bordeaux, à Marseille, à Strasbourg, à Poitiers ou à Tours… Toutes sont passées sous la bannière écolo.

F comme Féminisme : Mot encore et toujours d'actualité alors que les violences faites aux femmes ont augmenté durant le confinement, que les femmes ne gagnent toujours pas autant que les hommes et que Adèle Haenel a dû quitter la salle des Césars en protestation, après l'attribution de celui de meilleur réalisateur au cinéaste Roman Polanski, accusé par plusieurs femmes d'agressions sexuelles.

G comme Guerre : Le 16 mars, le président Emmanuel Macron s'adresse aux Français. "Nous sommes en guerre", déclare-t-il à six reprises. Il veut sonner la "mobilisation générale" contre un "ennemi […] invisible, insaisissable". Le ton est donné, et il est martial.

H comme Hydroxychloroquine : Présenté comme le remède miracle face au Covid-19 par le professeur de l'IHU de Marseille Didier Raoult, cet antipaludéen a fait l'objet de longs débats au sein de la communauté scientifique sur sa réelle efficacité contre le coronavirus… Et couler beaucoup d'encre sur les réseaux sociaux.

I comme Impeachment : Au début de l'année, le président Donald Trump, mis en accusation par la Chambre des représentants, est jugé par le Sénat. Il doit répondre à deux chefs d'accusation : abus de pouvoir et obstruction au Congrès. Sans surprise, il est acquitté le 5 février par un Sénat à majorité républicaine. Il est seulement le quatrième président à subir cette procédure exceptionnelle.

J comme Jean-Pierre Pernaut : L'année 2020 aura marqué le départ d'un visage bien connu des Français, celui du présentateur du 13 heures de TF1, Jean-Pierre Pernaut. Le journaliste, âgé de 70 ans, annonçait sa décision d'arrêter ce journal qu'il anime depuis 1988. Bientôt au tour de Michel Drucker ?

K comme Kamala Harris : La sénatrice de Californie va marquer l'Histoire. Colistière de Joe Biden, elle va devenir, la première femme a devenir vice-présidente des États-Unis. "La première mais pas la dernière", a-t-elle promis.

L comme Libido : En berne. À en croire différentes études parues sur le sujet, le confinement a mis K.O. la libido des couples. Pas facile de penser à la bagatelle lorsqu'on est enfermé 24 heures sur 24 avec les enfants et la menace d'un virus invisible.

M comme Monde d'après : Légende urbaine qu'on se raconte pour tenter de se remonter le moral dans les moments de déprime dus au Covid-19. Se dit d'une utopie où les manières de fonctionner et de penser sont devenues différentes grâce à une prise de conscience globale post-pandémie. On attend toujours. Peut-être pour 2021…

N comme Nitrate d'ammonium : C'est ce composé chimique que les autorités libanaises soupçonnent être à l'origine des violentes explosions, qui ont ravagé Beyrouth, le 4 août.

O comme Ouïghours : En Chine, cette minorité musulmane est toujours opprimée et exploitée dans des camps de travail dans le Xinjang. Une récente étude montrait que plus d'un demi-million d'entre eux étaient forcés de travailler dans des champs de coton.

P comme Pas essentiel : Slogan affiché sur le fronton de l'Olympia depuis la décision du gouvernement de fermer les lieux culturels pour endiguer la reprise pandémique. Titre également d'une chanson de Grands Corps Malade, dénonçant le sort réservé aux activités culturelles en France. Forme plus correcte : "Non essentiel".

Q comme QAnon : Surfant sur la crise sanitaire qui secoue l'Europe depuis le mois de mars, le réseau complotiste QAnon né aux États-Unis en octobre 2017 gagne des adeptes sur le continent grâce aux réseaux sociaux. De manière globale, le complotisme a gagné du terrain à la faveur de la pandémie. En témoigne, le succès du documentaire "Hold-up" en France, qui prétend dénoncer la cabale internationale autour du Covid-19.

R comme Résilience : Popularisée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, cette notion est définie comme la capacité d'un groupe d'individus "à se rétablir après une perturbation extérieure". Notion à la mode en période de pandémie.

S comme Séparatisme : Lutter contre le séparatisme, contre l'ensauvagement, contre l'islamo-gauchisme… Reprenant des concepts ancrés à la droite de la droite, le gouvernement Macron a entrepris un virage sécuritaire incarné notamment par son nouveau ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Un virage réthorique et une accélération législative sur le régalien qui montre que l'exécutif entend occuper le terrain et se montrer en pointe dans la lutte contre le terrorisme à la suite de l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty.

T comme Télétravail : La crise sanitaire a mis un coup d'accélérateur au travail à distance. Une manière de travailler qui peut faire gagner en bien-être des salariés, en productivité et rogner sur les dépenses, à condition d'être mis en place dans de bonnes conditions. Pour une partie de babyfoot ou une pause café mâtinée de petits ragots, rien toutefois ne remplacera le travail "sur site" ou "en présentiel".

U comme Ubuesque : Un adjectif qui résume l'année écoulée.

V comme Vélorution : Les gagnants de l'année 2020 sont rares mais la petite reine fait partie de ceux-là. La pandémie a accéléré l'usage du vélo et les aménagements en sa faveur un peu partout sur la planète. Une transformation des usages que ses adeptes nomment la vélorution.

W comme Wuhan : Berceau du Covid-19 et longtemps épicentre de l'épidémie, avant que celle-ci ne se transforme en pandémie. Aujourd'hui, la vie y a repris son cours, les commerces ont rouvert et des mesures sanitaires ont été prises pour limiter le risque de résurgence de la maladie.

X comme Xanax : Du 16 mars jusqu'au 13 septembre, il s'est écoulé en France 1,1 million d'anxiolytiques, 480 000 hypnotiques et 187 000 antidépresseurs, en plus des volumes attendus, selon une étude mené par l'Assurance-maladie conjointement avec l'Agence du Médicament. La pandémie a fortement impacté le moral des Français, au point de craindre une troisième vague psychiatrique.

Y comme Yoga : Dans l'ennui du confinement, il fallait bien s'occuper. Certains ont multiplié les apéros virtuels, d'autres ont repris la peinture de figurines ou la pratique d'un instrument de musique. Nombreux sont ceux à s'être lancés dans la confection de pâtisseries ou de pain maison, provoquant des pénuries de farines et de levure. Beaucoup en ont profité aussi pour découvrir cette pratique apaisante ancestrale, quitte à se rendre sur… (voir ci-dessous).

Z comme Zoom : Zoompéro, Zoomba, Zoomclasse, Zoomfit… Zoom, et plus globalement l'ensemble des applications de visioconférences, sont les grandes gagnantes de cette année 2020. Elles se sont imposées comme l'unique moyen de rester en contact avec nos proches dans une société confinée. En espérant que le 31 décembre soit l'unique Zoomveillon du siècle !