À la Une: vote anticipé et crainte pour l’avenir aux États-Unis

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Mardi 3 novembre c’est le jour du vote aux États-Unis, même si, nous apprend le Houston Chronicle, au Texas « les experts se demandent qui va bien pouvoir voter ce 3 novembre après les records du vote anticipé » : le journal prend l’exemple du comté de Harris, où la participation a déjà atteint celle de l’élection de 2004 : 58%, ce qui n’est pas loin de celle des trois dernières présidentielles…

Le Houston Chronicle s’est rendu vendredi au Centre des arts de l’université d’État, très animé lors de ce dernier jour du vote anticipé – ce qui, depuis l’annulation sine die des récitals de danse et des concerts, était devenu rare, note le journal. « Je sais que beaucoup des jeunes de mon âge ne croyaient pas vraiment au vote, avant », explique Daniela Domingez, 20 ans, « mais ce qui se passe aujourd’hui pousse les gens à se manifester, et à montrer que nous avons besoin de changement, d’évolution ». « L’enthousiasme est là », renchérit le Boston Globe, qui titre sur ces étudiants qui ont « traversé tous les obstacles pour voter » : l’absence de table d’inscription dans les universités, de concerts pour motiver les jeunes électeurs, de réunions de clubs politiques – à part sur l’application Zoom.

Ça aura été la même chose au niveau national, et pour toutes les tranches d’âge, note le Washington Post : « Ceux qui ont voté ont perdu leur travail ou leurs proches à cause de la pandémie, ou se sont eux-mêmes battus contre le coronavirus. Ils ont enduré la pluie et la chaleur et les heures de queue du matin jusqu’au soir pour que leur choix soit enregistré, ils ont couru le risque d’être exposés au virus, et ils l’ont fait avec des changements de règle à vous donner le tournis. Ils ont été inondés d’attaques sans fond du président Donald Trump sur l’intégrité de cette élection ». Mais voilà, titre le journal : ils voulaient que « leurs voix soient entendues, et dans des proportions inconnues jusqu’ici, à travers tout le spectre politique, ils se sont saisis du vote comme d’un acte essentiel ».

La peur

Mais si la presse s’enthousiasme pour l’ampleur inédite de ce vote anticipé, l’inquiétude et la peur sont bien là : peur des démocrates dans le Boston Globe, « hantés par le souvenir de 2016 et une nuit électorale qui a anéanti leurs attentes et envoyé Donald Trump à la Maison Blanche » ; peur des républicains pro-Trump qui « craignent les électeurs » et tentent de les empêcher de voter, estime le New York Times ; dans le Washington Post un républicain anti-Trump estime lui que son « parti est en train de se détruire sur l’autel de Trump ».

La police, elle, craint de plus en que des menaces proférées sur internet « ne se matérialisent en actes violents ». Des soutiens du président ont déjà bloqué des routes « alors que les tensions électorales débordent dans les rues », titre le journal. Bref, selon le New York Times, « les Américains ont peur, pas pour eux, mais pour leur pays » : « de gauche comme de droite, ils disent qu’ils sont inquiets pour la stabilité de la démocratie des États-Unis. »

Au Mexique, un « Jour des morts » sous Covid-19

El Universal rappelle que « le Mexique a atteint les 929 000 cas de Covid-19 », et que près de 92 000 personnes en sont mortes. Le président Lopez Obrador a d’ailleurs « décrété trois jours de deuil national pour les victimes de la pandémie », note Excelsior. Et des milliers de familles mexicaines célèbrent depuis dimanche le Jour des Morts, la tradition la plus représentative du pays, rappelle le journal, malgré l’annulation de « diverses manifestations » : les cimetières, « les mausolées ont ainsi été fermés pour éviter les attroupements ». Cela avait déjà été le cas en 1918, rappelle El Universal, pour cause de grippe espagnole.

Cette fois, « les gouverneurs », indique Milenio, « ont demandé que les Mexicains célèbrent le jour des morts depuis leur maison », l’Église catholique renchérit en demandant de « ne pas utiliser cette fête pour se réunir ».

Du coup « la ville de Mexico s’est retrouvée sans ses défilés habituels de cadavres souriants et de déguisements multicolores », regrette Excelsior – même si, note Milenio, « des centaines de personnes ont quand même fait la fête dans différents points du pays, des fêtes qui ont été stoppées par les autorités locales », comme à Acapulco, où trois établissements ont été fermés et 300 personnes priées de rentrer chez elles.

Mais globalement note le journal, c’est bien « dans l’intimité de leurs foyers » que « beaucoup de familles ont pensés à leurs défunts ». « En temps de coronavirus, il faut conserver les rituels pour affronter le deuil », explique le psychothérapeute Erick Aguirre dans Milenio.

Télétravail et déconnexion digitale au Pérou

Au Pérou, avec un coronavirus qui touche près de 905 000 personnes et en a déjà tué près de 35 000, « l’exécutif a prolongé le travail à distance jusqu’au 31 juillet 2021 en y ajoutant un droit à la déconnexion » pour les secteurs publics et privés, titre La Republica. Explications à lire dans El Comercio : « L’employeur ne peut exiger du travailleur la réalisation de tâches après la journée de travail ou pendant les jours de repos, de congé ou d’arrêt de travail ». 250 000 personnes sont actuellement en travail à distance au Pérou, selon le ministre du Travail Javier Palacios Gallegos qui a annoncé ces nouvelles règles.