À la Une: virage à droite en Uruguay

Le candidat de centre droit Luis Lacalle Pou sera le prochain président de l’Uruguay après quinze ans d’hégémonie de la gauche. Le recompte des votes a montré jeudi un retard impossible à rattraper pour son adversaire Daniel Martinez. Dès l’annonce de sa victoire, des milliers d’Uruguayens sont descendus dans les rues de la capitale Montevideo pour faire la fête. El Observador revient sur ces célébrations. Il décrit, entre autres, les vendeurs ambulants venus vendre des drapeaux et qui proposaient de « peindre les visages de ceux qui faisaient la fête ».

C’est justement l’un de ces visages peints qui fait la Une de Pagina12, en Argentine. « Pour une poignée de votes, écrit ce journal, le virage à droite se concrétise malgré la crise du néolibéralisme en Argentine, au Chili, en Colombie et en Équateur ». La transition commencera lundi, note La Republica, à Montevideo. L’actuel chef de l’État Tabaré Vázquez recevra son successeur à 10h du matin. Une transition qui s’achèvera le 1er mars quand Luis Lacalle Pou prendra officiellement le pouvoir.

L’Uruguay qui s’enorgueillit, note La Republica, d’avoir été désigné comme l’une des 12 destinations à visiter en 2020, par l’association des agences de voyages britanniques. Une distinction qui s’ajoute à celle des 10 pays à visiter en 2020 publiée par le guide de voyage Lonely Planet.

États-Unis : une université piégeait les étudiants étrangers

Un nouvel exemple du renforcement des contrôles en matière d’immigration aux États-Unis sous Donald Trump : une fausse université a permis de repérer les étrangers en situation irrégulière qui tentaient de rester aux États-Unis avec des visas étudiants. Son existence a été révélée il y a 10 mois, mais le sujet revient à la Une de la presse américaine cette semaine. En effet, l’agence des douanes et du contrôle des frontières (ICE) publie de nouveaux chiffres. En tout depuis le mois de janvier, quelque 250 étudiants inscrits à cette fausse Université de Farmington - pour beaucoup des ressortissants indiens - ont été arrêtés pour infraction en matière d’immigration et certains ont déjà été expulsés.

Cette université avait tout pour apparaître réelle, explique le Washington Post : « faux nom, faux site Web et fausse devise ». Elle prétendait offrir des programmes d’études supérieures en technologie et en informatique. Mais à défaut de personnel enseignant, de vrais agents des services de l’immigration accueillaient les étudiants. L’ICE déclare que « ces fausses écoles offrent une perspective unique pour comprendre comment les étudiants et les recruteurs [ceux qui aident ces migrants à accomplir les démarches administratives moyennant paiement, NDLR] tentent d’exploiter le système de visa étudiant pour les non-immigrants ».

Pérou : Keiko Fujimori bientôt libérée

Au Pérou, Keiko Fujimori devrait retrouver la liberté dans les heures qui viennent. La Cour constitutionnelle a ordonné la libération de la cheffe de l’opposition. Elle était en détention préventive depuis plus d’un an dans une affaire de corruption. Le tribunal a publié jeudi « les arguments des magistrats en faveur de cette mesure », note le journal Correo. Le sujet est très controversé au Pérou. « La chose la plus prudente à l’heure actuelle est de respecter la mesure adoptée par cette institution », juge son éditorialiste. Keiko Fujimori a encore, selon lui, « un crédit politique important ». Il encourage les Péruviens à « se placer au-dessus des factions, des intérêts sous-jacents et des haines ».

En parallèle, un décret d’urgence émis par le gouvernement péruvien autorise l’affiliation à une assurance maladie complète de toute personne n’ayant pas de couverture et résidant sur le territoire. Le décret a été publié dans le journal officiel El Peruano. Il établit des mesures d’urgence pour garantir le droit à la santé de tous les Péruviens. Une initiative dont se félicite l’éditorialiste de La Republica. C’était, précise-t-il, « l’une des revendications les plus insistantes depuis les années 1920 ». « Cette aspiration, qui reconnaissait d’abord le droit à la santé de ceux bénéficiant d’un emploi stable, mais qui excluait encore les enfants, les femmes au foyer et les personnes âgées sans retraite, s’est réalisée après un siècle ». « Grâce à cette décision, plus de 4 millions de personnes pourront accéder aux services de santé », « la réduction d’un fossé d’inégalité », conclut La Republica pour qui la mesure cible avant tout « les femmes enceintes, les enfants de moins de cinq ans et les pompiers ».