À la Une: des vaccins très politiques dans les Balkans

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Une revue de presse présentée en partenariat avec Le Courrier des Balkans.

Alors que la crise sanitaire frappe de nouveau de plein fouet les Balkans, l’objectif pour la population est désormais de se faire vacciner le plus rapidement possible, même si pour se faire il est nécessaire de changer de pays. Ainsi, nombre de Bosniens tentent leur chance en Serbie voisine, qui immunise à tour de bras. Belgrade veut en effet s’imposer comme le chef de file régional du processus de vaccinations. Aussi le président serbe Alexandar Vučić a-t-il annoncé que la Serbie allait se mettre à produire les vaccins chinois Sinopharm et russes Spoutnik V.

« Nous sommes particulièrement inquiets de la situation épidémiologique dans les Balkans ainsi que dans beaucoup d’autres pays d’Europe centrale », a déclaré jeudi Catherine Smallwood, chargée des situations d’urgence à l’OMS Europe, soulignant que le nombre de morts et d’hospitalisations y est actuellement « parmi les plus élevés dans le monde ».

Autre conséquence de la crise sanitaire, de plus en plus de femmes en situation de précarité ont été cette année dans l’impossibilité d’avorter en Roumanie, en raison des différents confinements, alors que le pays affiche le taux le plus élevé de mères mineures au sein de l’Union européenne (UE) après la Bulgarie.

Ces régions des Balkans qui se dépeuplent

Conséquence de la baisse généralisée de la natalité, mais aussi de l’exode de la population, de plus en plus de régions des Balkans se dépeuplent très rapidement, faisant craindre pour la survie même de certaines petites villes. Dans le nord du Monténégro, à Andrijevica, les enfants sont chaque année moins nombreux et la crise économique qui frappe la région ne laisse que peu d’espoir que le phénomène s’inverse.

Dans l’est de la Croatie, à la frontière avec la Bosnie-Herzégovine, la petite ville de Hrvatska Kostajnica comptait 5 000 habitants en 1991, contre moins de 2 000 aujourd’hui et les seuls emplois sont aujourd’hui fournis par les administrations publiques. Et le phénomène devrait encore s’accentuer dans les prochaines années.

Manifestations en Grèce

Les manifestations ont repris en Grèce contre la dérive autoritaire du Premier ministre Kyriákos Mitsotákis. Depuis le 7 mars, le gouvernement est sous le feu des critiques à cause d’une vidéo montrant un jeune homme violenté par la police. Dans le même temps, Dimitris Koufodinas, ancien militant du groupe 17-Novembre condamné à la prison à perpétuité pour onze assassinats, a interrompu sa grève de la faim le 14 mars, après 66 jours. Celui-ci avait été renvoyé dans une prison de haute sécurité par l’exécutif grec. Le cas de ce prisonnier est devenu le symbole des entorses à l’État de droit commises par le gouvernement, selon ses opposants.

Pétrole et aéroport dans l’Adriatique

C’est ce 25 mars que le consortium italo-russe Eni-Novatek devrait commencer des forages pétroliers au large des côtes monténégrines. Les défenseurs de l’environnement dénoncent une aberration économique et un « suicide » écologique.

En Albanie, les organisations de protection de l’environnement sont vent debout : le gouvernement de Tirana envisage de construire un aéroport à proximité de la ville de Vlora, dans une zone naturelle protégée où nichent de nombreux oiseaux migrateurs. Plus de 200 espèces seraient menacées.