À la Une: vaccins contre sécurisation de la frontière au Mexique?

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Aux États-Unis, la Chambre des représentants a voté un texte visant à faciliter l’obtention d’un titre de séjour pour les employés agricoles venus de l’étranger, ainsi qu’un autre projet de loi ouvrant la voie à la naturalisation de quelque 700 000 « Dreamers », des jeunes arrivés clandestinement aux États-Unis lorsqu’ils étaient enfants. S’il a été facile de faire passer ces deux projets à la Chambre, à majorité démocrate, leur avenir est très incertain au Sénat. « Au moins dix voix de sénateurs républicains sont nécessaires », explique le Washington Post, et les alliés républicains potentiels « disparaissent à mesure que la crise s’aggrave », note Politico.

En cause : la forte augmentation des arrivées de migrants clandestins à la frontière États-Unis-Mexique ces derniers mois, notamment de mineurs non-accompagnés. Ils sont « plus de 14 000 aujourd’hui sous la garde des autorités américaines », rappelle le média mexicain Cronica en Une. La sécurité des sites d’hébergement d’urgence dans lesquels ils sont envoyés est d’ailleurs remise en question, souligne le San Diego-Union Tribune.

Un troc entre Biden et AMLO ?

Au moment où Joe Biden « demande discrètement » au Mexique de limiter les arrivées de migrants aux États-Unis, le président américain annonce qu’il prévoit de « prêter » des millions de doses de vaccin à ses voisins. 1,5 million de doses pourraient ainsi être envoyées au Canada et 2,5 millions au Mexique. Pour le New York Times, il s’agit d’un « pas stratégique ». Le journal rappelle que « des dizaines de millions de doses du vaccin AstraZeneca sont stockées dans des sites de fabrication américains. Leur utilisation a déjà été approuvée dans des dizaines de pays, dont le Mexique et le Canada », mais pas encore aux États-Unis.

S’agit-il d’une monnaie d’échange contre la sécurisation des frontières, un « troc entre AMLO et Biden » comme le sous-entend le journal mexicain El Universal, ou encore la Une de Milenio ? Ce journal note que, le même jour, le président mexicain a annoncé la fermeture de la frontière sud du Mexique « aux voyages non-essentiels en provenance d’Amérique centrale ». La Maison Blanche, elle, botte en touche : elle répond que « les discussions sur les vaccins et la sécurité frontalière sont “sans rapport ”, mais “se chevauchent” », s’amuse le New York Times.

Haïti : les dirigeants doivent « rectifier le tir »

En Haïti, Le Nouvelliste affiche en Une les visages du président, du Premier ministre et du patron de la Police nationale haïtienne (PNH), coupables, selon le journal, d’une communication piteuse après la mort de 4 policiers la semaine dernière dans une opération antigang. Un évènement qui « a bouleversé la population », mais que le Premier ministre a par exemple comparé « à un match de football ».

Une métaphore jugée choquante par le quotidien haïtien. Le journal dénonce aussi le manque de compassion affichée du chef de la police et fait le bilan des quatre mois de Léon Charles à la tête de l’institution. Le Nouvelliste regrette que près d’un mois après l’évasion de quelque 400 détenus d’une prison de Port-au-Prince, leurs noms ne soient toujours pas rendus publics. Une information qui pourrait être cruciale, selon le journal, pour les policiers qui les avaient arrêtés, entre autres.

La langue française, un point noir au Canada ?

À la veille de la Journée de la Francophonie, levée de boucliers au Canada après une communication controversée de la firme de consultants en immigration MDC Canada. Sur sa page Facebook, une image présentait en deux colonnes, les points positifs et négatifs de la vie au Canada. Dans la liste des points négatifs : le fait que « beaucoup de gens parlent français ».

À la suite du tollé, la publication a été retirée et MDC Canada a présenté des excuses, qui « n’ont pas calmé la fureur des francophones », raconte Le Journal de Québec : « deux heures plus tard, plus de 500 messages (...) tapissaient la page Facebook ».

L’affaire est remontée jusqu’à l’Assemblée nationale. Les députés ont fait voter une motion à l’unanimité, selon laquelle « la langue française est une force d’attraction indéniable pour le Québec et le Canada ». Le Devoir va plus loin et demande à ses lecteurs ce vendredi si les nouveaux arrivants au Canada ayant un statut temporaire devraient être obligés d’inscrire leurs enfants à l’école en français. Le journal canadien note qu’ils sont deux fois plus nombreux qu’il y a dix ans à envoyer leurs enfants à l’école anglaise.