À la traîne sur l’aide à l’Ukraine, la France veut augmenter “drastiquement” son budget militaire

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“Nous devons avoir une guerre d’avance”, a déclaré Emmanuel Macron vendredi 20 janvier, lors de ses vœux aux armées. Le chef d’État “veut augmenter drastiquement les dépenses militaires de la France”, observe le site d’information allemand Die Tagesschau. L’exécutif prévoit d’injecter un total de 413 milliards d’euros dans le budget de la Défense entre 2024 et 2030. De quoi permettre, si le projet de loi est adopté par le Parlement, de “doubler le montant alloué aux drones” et de “moderniser la dissuasion nucléaire” française, précise The Telegraph.

Un tel budget “maintiendrait la France dans les clous des directives de l’Otan en matière de dépenses militaires”, note le quotidien conservateur britannique. L’Alliance transatlantique demande en effet à ses pays membres de consacrer au moins 2 % de leur budget à la Défense, et l’Hexagone, qui y a alloué 1,9 % en 2021, prévoit d’atteindre ce seuil d’ici 2025.

Un virage moins serré qu’ailleurs

Il s’agirait d’une “hausse majeure” pour Paris, ainsi que l’écrit la BBC, mais celle-ci reste bien inférieure au virage opéré par certains de ses voisins, tempère The Telegraph. Le Royaume-Uni dédiait déjà 2,1 % de son budget à la Défense en 2021, et le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, “a déclaré qu’il voyait le seuil fixé par l’Otan comme ‘un plancher et non un plafond’, précisant que ces dépenses devraient, à terme, atteindre 2,5 % ”.

Même constat en Allemagne, où le chancelier, Olaf Scholz, a annoncé peu de temps après l’invasion russe de l’Ukraine un “renversement historique” de la politique allemande en matière de Défense : très antimilitariste depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, Berlin a annoncé fin février 2022 une hausse massive de son budget militaire.

La France, en retard sur les livraisons d’armes à l’Ukraine ?

Les annonces d’Emmanuel Macron sont survenues au moment où les représentants de 54 pays alliés de l’Ukraine étaient réunis à Ramstein, en Allemagne, pour discuter de l’éventualité d’une livraison à l’Ukraine de chars lourds Leopard 2. Et, souligne encore The Telegraph, “alors que le Royaume-Uni a promis des chars Challenger 2, M. Macron n’a pas répondu aux demandes de Kiev de fournir des chars français Leclerc”.

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