À la Une: un statut de protection pour les Vénézuéliens de Colombie

·4 min de lecture

Le président colombien Ivan Duque a décidé de créer un « statut de protection temporaire » pour les Vénézuéliens qui ont fui leur pays ces dernières années. En clair, près d’un million de sans-papiers vénézuéliens vont obtenir des papiers temporaires, notamment le droit de travailler légalement, pendant 10 ans. Cela fait de la Colombie, pour El Espectador, « un pays leader dans le domaine de l’immigration », « à l’avant-garde », ose même le journal en titre.

Concrètement, que change ce statut temporaire ? El Tiempo explique que ces migrants pourront « exercer tout type d’activité ou de profession dans le pays ». Ils n’ont en revanche pas de droit de vote ni d’accès facilité à la nationalité colombienne. Le point clé, c’est dans le domaine de la santé, poursuit le journal, puisque les citoyens vénézuéliens qui résident en Colombie auront accès au système de santé publique, y compris à la campagne de vaccination contre la Covid-19 qui doit commencer le 20 février.

Coût politique ?

Le président voulait initialement en exclure les sans-papiers. Il avait été très critiqué. El Espectador, s’interroge sur le « coût politique » de cette volte-face d’Ivan Duque. Le journal observe la situation de gouvernements étrangers ayant pris « des mesures similaires », dans des pays « aux conditions économiques et sociales meilleures que la Colombie ». Le journal cite l’exemple de l’Allemagne et juge qu’Angela Merkel a pâti politiquement de sa décision d’accueillir près d’un million de migrants en 2015. Semana note pour sa part que selon les chiffres officiels, « plus de 300 migrants tentent d’entrer illégalement chaque jour sur le territoire national, rien que par le département Norte de Santander ».

Au Pérou, pays voisin de la Colombie, les 800 000 migrants vénézuéliens arrivés depuis 2016 auront accès à la campagne de vaccination. El Nacional explique que la vaccination de tous les étrangers est prévue par la ministre péruvienne des Affaires étrangères. Le Pérou « commencera à vacciner le personnel de santé ce mardi, après l’arrivée, dimanche, du premier lot de 300 000 vaccins chinois de Sinopharm », note le média en ligne vénézuélien.

Équateur : qui pour affronter Andres Arauz au second tour ?

La confusion règne toujours autour des deux candidats qui s’affronteront au second tour en vue de l’élection présidentielle en l’Équateur. Il reste encore environ 1 % des votes à dépouiller ce mardi 9 février. Ces votes remontent progressivement de zones difficiles d’accès, explique El Comercio. Le Conseil national électoral doit aussi « réviser » un lot assez important de votes jugés « inconsistants ». L’adversaire du socialiste Andrés Arauz reste donc à définir. L’avocat Yaku Pérez et l’ancien banquier Guillermo Lasso sont dans un mouchoir de poche et même s’il mène toujours d’une courte tête, Yaku Perez dénonce déjà un complot.

« L’avenir du pays dépend de la manière dont les gagnants et les perdants du premier tour des élections vont réagir », s’inquiète le journal La Hora. En pleine pandémie, en pleine crise économique et sociale, « les hommes politiques et la société dans son ensemble, doivent travailler conjointement pour éviter de nouveaux blocages et construire un projet viable pour le pays ». Le journal appelle notamment Yaku Pérez, le probable candidat du second tour, à « clarifier quels sont sa véritable tendance et son projet pour le pays ».

Sa percée lors de cette élection est en tout cas historique, pense l’éditorialiste du journal : « Les manifestations d’octobre, la pandémie et la crise du corréisme [le courant de l’ancien président Rafael Correa] ont créé un autre pays, un pays cohérent qui s’est reflété dans les urnes. Le pays a parlé et tout le monde devrait écouter ».

Floride : piratage d’un réseau d’eau potable

Information glaçante à lire dans le Miami Herald ce mardi. La ville d’Oldsmar, près de Tampa, au centre de la Floride, a été l’objet vendredi d’une tentative d’empoisonnement de son réseau d’eau potable qui alimente environ 15 000 résidents. « Quelqu’un a accédé à distance à l’ordinateur qui pilote le système de traitement de l’eau de la ville et a brièvement augmenté de plus de 100 fois la quantité d’hydroxyde de sodium qui y est ajouté », a expliqué le shérif qui a ouvert une enquête, avec le FBI et le Secret Service.

« Ce produit chimique est utilisé en petites quantités pour contrôler l’acidité de l’eau, explique le journal américain, mais c’est aussi un composé corrosif que l’on trouve couramment dans les produits d’entretien ménager ». L’approvisionnement en eau de la ville n’a pas été touché « car un superviseur s’est aperçu de la modification sur son écran d’ordinateur et l’a immédiatement corrigée ». En tout cas, le sénateur Marco Rubio a insisté sur Twitter : cette question doit être traitée « comme une question de sécurité nationale ».