À la Une: en Slovénie, le vent de révolte s’amplifie contre le gouvernement de Janez Janša

Une revue de presse présentée en partenariat avec Le Courrier des Balkans.

Chaque vendredi, des milliers de Slovènes défilent à vélo dans les rues de Ljubljana. Ils dénoncent la dérive autoritaire du gouvernement ultra-conservateur de Janez Janša qui, depuis son retour au pouvoir le 13 mars dernier, suit le modèle de son allié hongrois Viktor Orbán. Mais les revendications des manifestants ne se limitent pas à ça et déborde sur des problématiques plus globales. Vendredi 29 mai, ils protestaient contre les menaces pesant sur l’environnement. C'est la révolte des « meurtriers médiatiques », des « extrémistes environnementaux » et des « paresseux inutiles », comme ils sont qualifiés sur les réseaux sociaux.

Au Kosovo aussi on manifeste devant le Parlement : « Les voleurs en prison ! », « Nous voulons des élections », « Albin Kurti, où que tu sois, le Kosovo est avec toi ». Ils dénoncent le « vol » de démocratie que représente l'intronisation du nouveau Premier ministre Avdullah Hoti (LDK) et de sa coalition gouvernementale LDK-NISMA-AAK-Srpska lista, et l'exclusion du parti vainqueur des dernières élections générales, Vëtevendosje. L'objectif du nouveau gouvernement : effacer toutes les décisions du gouvernement Kurti, comme les nouvelles mesures de « réciprocité » sur les marchandises importées de Serbie. Mais surtout reprendre le « dialogue » avec Belgrade, et ce en coordination avec le président Hashim Thaçi (PDK). L’ancien Premier ministre Albin Kurti ne voulait pas que Hashim Thaçi mène ces négociations, l’accusant de précipiter un accord avec son homologue serbe Aleksandar Vučić, sous l’égide de Washington et de l’émissaire spécial américain Richard Grenell, accord qui pourrait inclure un échange de territoires. D'aucuns estiment que ce refus est l'une des principales raisons qui ont mené à la chute du gouvernement Kurti.

Avdullah Hoti a assuré qu’il excluait toute option d’échange territorial. Mais comment ne pas soupçonner que, derrière des déclarations publiques qui se veulent rassurantes, d'autres discours se tiennent dans l'arrière-cour politico-diplomatique ? L'enquête de Jeta Xharra pour Prishtina Insight ne fait que confirmer ces soupçons : en 2019, l’agence de communication française Majorelle PR & Events a reçu 168 000 euros pour promouvoir l’idée d’un échange territorial comme solution pour un « accord final » entre le Kosovo et la Serbie. La somme aurait été versée par le ministère kosovar de l’Intégration européenne, qui était à l'époque sous contrôle du PDK, le parti du président Hashim Thaçi.

En Serbie, l'actualité n'est pas fixée sur le « dialogue » avec Kosovo mais sur les élections du 21 juin. Et avec son parti, le SNS, Aleksandar Vučić est en train d'inventer le cyber-populisme. Le président serbe mène sa campagne électorale sur Zoom et célèbre l’union sacrée électronique. Cet « avènement du peuple en ligne » pourrait bien être une fenêtre dystopique sur notre avenir politique où les relations patron-client sont renforcées par les nouvelles technologies. Le « peuple » est enfin totalement passé dans la sphère de la représentation et de la simulation, un cyber-peuple facilement orientable et toujours plus fidèle aux consignes du pouvoir.

100 ans

Le 4 juin 2020 marquait les 100 ans de la signature du traité de Trianon, qui a redessiné les frontières de l'Europe au sortir de la Première Guerre mondiale. Le démantèlement de l'Empire austro-hongrois a eu pour conséquence de faire passer 3,3 millions de Hongrois sous domination étrangère, un traumatisme pour la Hongrie. Détachés de la « mère-patrie », les Magyars de Voïvodine ont perdu la position privilégiée qu’ils occupaient jusque-là. Même si leurs droits ont été reconnus, ils ont peiné à se faire entendre au sein du nouvel État yougoslave. En 100 ans, cependant, leur amertume semble avoir bien diminué, notamment grâce à la citoyenneté européenne dont ils ont pu bénéficier au titre de la diaspora hongroise.

Côté roumain, le Pays sicule reste pomme de discorde entre la Roumanie et la Hongrie. Les magyarophones de Roumanie se retrouvent pris entre le nationalisme roumain, endossé récemment par le président Klaus Iohannis, et le nationalisme hongrois cultivé par Viktor Orbán. Les brouilles diplomatiques sont régulières. La dernière date d'avril 2020 et a été déclenchée par un projet de loi sur l’autonomie des Sicules, discuté au Parlement roumain avant d’être finalement rejeté.

Il n’avait jamais remis les pieds en Bulgarie depuis sa fuite en 1956 et il refusait de parler bulgare en public. Christo entretenait des rapports complexes avec son pays natal, certains lui reprochaient son manque de « patriotisme », n'acceptant pas que l'enfant prodige, devenu artiste international et citoyen du monde, n'ait jamais voulu revenir sur ses pas ou boucler la boucle. Il a terminé sa vie le 1er juin à New York, sa terre d'adoption. Toutefois, certains ouvriers bulgares travaillant sur les œuvres de Christo et Jeanne-Claude, son binôme artistique, se souviennent que la Bulgarie n'avait pas été entièrement effacée de sa matrice : certains ont raconté que l’artiste était tout à fait à l’aise avec eux et leur adressait toujours la parole avec le sourire et… en bulgare.