À quoi servait l'art pariétal ?

·2 min de lecture

Pendant des dizaines de milliers d'années, les humains de la préhistoire ont orné les parois de grottes et abris-sous-roche. Quelle signification donner à ces créations apparues au paléolithique supérieur ? Éléments de réponse avec la préhistorienne Carole Fritz et l'archéo-anthropologue australien Bruno David.

Ce dialogue sur l'art pariétal est extrait de Sciences et Avenir - La Recherche 887, daté janvier 887. Il est enrichi ici de l'entretien vidéo enregistré à cette occasion.

Sciences et Avenir : Pourquoi les sociétés du paléolithique supérieur se sont-elles soudain mises à orner les parois des grottes et abris-sous-roche ?

Carole Fritz : Le phénomène est multifactoriel. Je suis une fervente partisane de l'interprétation mythologique des dessins du paléolithique supérieur en Europe occidentale. Nous sommes un certain nombre à penser que ce besoin est né d'une maturation sociale et cognitive d' Homo sapiens aux alentours de -38 000/-40 000 ans. Les humains ont ressenti la nécessité d'inscrire en images leur mythologie sur les parois rocheuses. Et ces mythes ont organisé le fait social.

Bruno David : Ces représentations sociales, avec leur symbolisme, sont en effet toujours situées dans des cosmologies. Carole parle de mythes, moi, de cosmologie.

Neandertal peut-il avoir été l'auteur de peintures rupestres ?

L'art pariétal est-il le propre d' Homo sapiens ou peut-on l'attribuer aussi à Neandertal comme le suggèrent certains spécialistes ?

C. F. : Grâce à l'imagerie médicale 3D, nous pouvons aujourd'hui reconstituer les endocrânes, c'est-à-dire la forme du cerveau et les sillons qu'il comporte à partir d'un crâne fossile. Sapiens et Neandertal n'ont pas la même forme de boîte crânienne, ce qui implique des morphologies différentes de l'encéphale. Chez sapiens , cela a permis le développement de certaines aires cérébrales liées à la perception du soi, une abstraction plus complexe ainsi qu'une complexification du langage en lien avec des mutations des protéines du gène FOXP2 qui a fait émerger la parole. Or l'expression graphique est intimement associée au langage.

En cumulant l'évolution de l'encéphale, les problèmes de mutation de langage et la complexification de la société, Homo sapiens est bien le premier dessinateur de l'humanité. Ce qui ne veut pas dire que N[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi