À la Une: Serbie, pourquoi une majorité de la population est contre l’intégration à l’UE

Une revue de presse présentée en partenariat avec Le Courrier des Balkans.

C’est une première depuis la chute de Milošević : selon un sondage Ipsos publié fin avril, en Serbie une majorité de la population se dit opposée à l’entrée du pays dans l’Union européenne. Comment explique-t-on une telle désaffection ? Tentatives d’explications.

Désinformation et propagande sapent la liberté de la presse dans les Balkans

Le classement mondial publié par Reporters sans frontières mardi 3 mai révèle un paysage contrasté dans les Balkans, une région où la liberté de la presse est partout menacée. Les pays de l’espace post-yougoslave stagnent tandis que l’Albanie et la Grèce sont en chute libre. La Turquie de Recep Tayyip Erdoğan ferme la marche à la 149e place sur 180 pays. Partout, l’ONG dénonce des pressions sur les journalistes et note l’influence des médias pro-régimes dans les campagnes de désinformation.

Ce classement a suscité la vive colère du Premier ministre albanais, qui a qualifié le rapport de « mensonge ». Son pays, désormais 103e, a dégringolé de 20 places en un an. D’ordinaire toujours soucieux de donner la meilleure image de lui-même à l’international, Edi Rama s’est déchaîné sur Twitter. En multipliant les mensonges.

L’invasion russe en Ukraine pourrait-elle entraîner la Moldavie voisine dans le conflit ? Après les mystérieuses « attaques terroristes » dans plusieurs villes de la région moldave séparatiste de Transnistrie fin avril, les autorités se montrent prudentes. Si le conflit venait à dégénérer face à une Russie souhaitant inclure la Transnistrie dans son effort de guerre, Tiraspol ne suivra pas les ordres du Kremlin de bon cœur, tant la région séparatiste entretient des liens intimes et économiques forts avec l’Ukraine.

Réactions contre l’homophobie

Le Monténégro a fait un choix audacieux : être représenté à la Biennale d’art contemporain de Venise par un artiste jeune, gay et musulman. Dante Buu est né en 1987 au sein d’une famille bosniaque musulmane de Rožaje, dans les montagnes pauvres du nord du Monténégro. Avec ses performances audacieuses, qui rappellent celles de la star Marina Abramović, l’artiste trentenaire s’est taillé une solide réputation internationale dans le monde de l’art contemporain.

Au Kosovo et en Roumanie, la communauté LGBTQI+ n’est pas soutenue par les législateurs. À Pristina, les députés ont rejeté le 16 mars le projet de nouveau code civil porté par le gouvernement d’Albin Kurti. En cause : l’article ouvrant la voie à la légalisation des unions civiles entre personnes de même sexe. Les débats ont occasionné un déchaînement de haine homophobe.

Même constat en Roumanie. Fin avril, le Sénat roumain a adopté un projet de loi contre la prétendue « propagande LGBT », conçu sur le modèle de législation hongroise, elle-même inspirée de la Russie. Sous couvert de « protéger les enfants contre les risques d’un délitement des valeurs familiales », le texte prévoit surtout d’institutionnaliser l’homophobie et la transphobie. Il a suscité une vive mobilisation de la société civile roumaine.

Le 25 avril, un tribunal de Turquie a condamné l’homme d’affaires et philanthrope Osman Kavala ainsi que ses sept co-accusés à de très lourdes peines lors du « procès Gezi », pour leur rôle joué lors des grandes manifestations de 2013. Une parodie de justice, symbole de la dérive autoritaire du régime Erdoğan, qui se durcit à l’approche de la présidentielle 2023. Malgré la répression, les opposants poursuivent le mouvement. Portée par les femmes, la résistance s’organise.

Les musulmans des Balkans ont célébré la fin du ramadan

Les musulmans des Balkans ont, eux aussi, célébré la fin du ramadan, le 2 mai. Chaque après-midi pendant un mois, des longues files d’attente se sont formées devant la boulangerie Qollaku de Prizren, la grande ville du sud du Kosovo. Ici, on cuit encore au feu de bois les somuns, ces délicieux petits pains, essentiels pour accompagner l’iftar du soir.

Dans la ville de Cazin, située dans le nord-ouest de la Bosnie-Herzégovine, un Serbe orthodoxe a organisé et financé l’iftar pour une centaine de Bosniaques musulmans. Un exemple de plus de l’amitié intercommunautaire, qui vient contredire les discours nationalistes visant à exacerber les divisions qui gangrènent le pays.

Mais trente ans après le début de la guerre, le chemin de la réconciliation semble encore long. À Sarajevo, deux délégations séparées ont commémoré les « événements » du 3 mai 1992 dans l’ancienne rue Dobrovoljačka. Ce jour-là, plusieurs membres de l’Armée populaire yougoslave (JNA) avaient été tués ou blessés alors que leur convoi évacuait la ville, dont le siège venait de commencer. Une enquête a été rouverte pour tenter d’identifier et juger les coupables.

Élections générales en Bosnie-Herzégovine pour le 2 octobre ?

Les élections générales de Bosnie-Herzégovine auront bien lieu le 2 octobre prochain. Après des mois de suspense, la Commission centrale électorale a fini par convoquer les élections générales pour le 2 octobre prochain. Mais la tenue du scrutin n’est pas pleinement garantie : aucun accord sur le budget national, qui les finance, n’a encore pu être trouvé.

L’annonce a suscité de vives réactions jusqu’en Croatie. À tel point que le président menace de poser son veto à l’entrée de la Finlande et de la Suède dans l’Otan si la réforme électorale que réclament les Croates de Bosnie-Herzégovine n’est pas validée.

Robert Golomb, un nouveau messie libéral pour «normaliser» la Slovénie ?

En Slovénie, les premières auditions des membres du futur gouvernement ont commencé après les élections législatives du 24 avril. Le parti libéral de Robert Golob a raflé près de la moitié des sièges au Parlement, en bénéficiant du vote utile anti-Janez Janša, le Premier ministre sortant pro-Orban. Saura-t-il apaiser la Slovénie et gouverner après deux ans de dérive droitière et autoritaire tout en donnant des gages à ses partenaires de gauche ?

Le 1er mai, c’est aussi l’un des plus grands noms du football yougoslave qui s’en est allé. Ivica Osim est décédé à Graz, à l’âge de 81 ans. Retour sur la carrière de ce milieu offensif connu pour avoir été le dernier entraîneur de la Yougoslavie socialiste (1986-92). Un homme intègre et respecté, qui s’est toujours battu contre les nationalismes.

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