À la Une: le scandale financier des Pandora Papers mis au jour

·2 min de lecture

Après deux ans d’enquête, les Pandora Papers défraient la chronique. Le quotidien équatorien El Universo a participé à l’étude de quelque 2 millions de documents, avec d’autres médias du Consortium international des journalistes d’investigation. Des documents qui révèlent « les secrets financiers de 35 chefs et anciens chefs d’État, de plus de 330 fonctionnaires dans plus de 91 pays et territoires, ainsi que d’un large éventail de fugitifs, d’escrocs et d’assassins ». Bref, « 14 chefs d’État ont dissimulé leur fortune », titre El Comercio, autre journal équatorien, au-dessus de la photo… de Guillermo Lasso, le président du pays. Car, et c’est à la Une d’Expresso, « dans les Pandora Papers il y a un chapitre sur l’Équateur et Lasso » : « des milliers de documents ont fuité, et on y trouve le nom d’anciens associés du président ».

El Universo rappelle qu’en 2017, un referendum avait décidé que le candidat à une élection ne pouvait recevoir d’argent d’une entité située dans un paradis fiscal. Du coup, souligne le journal, « le président s’est débarrassé de ses biens offshores avant d’être candidat », c’est-à-dire qu’il a « approuvé le transfert fin 2017 d’actions et d’actifs d’entités panaméennes à deux trusts situés au Dakota du Sud », aux États-Unis. Mais, regrette El Universo, dans les archives des Pandora Papers, il n’y a pas plus d’informations sur les bénéficiaires de ces trusts.

Autres Pandora Papers en Amérique latine

Au Chili, La Tercera note que le président Sebastián Piñera est mentionné, parce que sa famille aurait conclu en 2010 la vente, pour 152 millions de dollars, de Minera Dominga - mines de cuivre et de fer - dans les îles Vierges britanniques. La présidence, rapporte le journal, affirmait hier soir dans un communiqué que Sebastián Piñera « n’a participé en rien à ce processus de vente et n’en connaissait pas l’existence ». Mais ce n’est pas suffisant pour les candidats à la présidentielle du 21 novembre prochain qui, titre La Tercera, « l’invitent à clarifier les choses en personne ».

Pendant ce temps, au Venezuela, El Nacional remarque que « le pays est le septième pour ce qui est du nombre de propriétaires d’entreprises situées dans des paradis fiscaux », avec en tout 1 200 Vénézuéliens ayant des compagnies offshores. Le journal cite le site vénézuélien de reportage Armandoinfo, qui fait partie du consortium de journalistes, et qui affirme que « le canal de l’argent sale entre le Venezuela et Andorre s’est construit au Panama (…) pour blanchir jusqu’à 2 000 millions de dollars de pots-de-vin et de commissions qui ont servi à payer des fonctionnaires vénézuéliens ».

Enfin, en Colombie, Semana note que la célèbre chanteuse colombienne Shakira est citée dans les Pandora Papers, aux côtés de la vice-présidente Marta Lucía Ramírez ou encore de la ministre des Transports – en tout 588 personnes ou entités juridiques colombiennes sont citées.

Aux États-Unis, une année « extrêmement polémique » pour la Cour suprême

La Cour suprême, à majorité conservatrice, reprend le travail ce lundi pour « une nouvelle année extraordinairement polémique », titre The Wall Street Journal. La Cour doit peser sur « trois dossiers de politiques publiques : les armes, les droits religieux et peut-être sur la race, si la cour accepte de s’exprimer sur la discrimination positive ». Mais, souligne le journal, c’est « l’avortement, le sujet qui divise le plus, qui sera le centre de l’attention », puisque, explique The New York Times, la Cour « va réfléchir à la possibilité d’éliminer ce droit constitutionnel ». Si elle le fait, les défenseurs du droit à l’avortement le disent dans The Hill, « ce sera le chaos ». Or « les opposants à l’avortement ont maintenant une Cour suprême beaucoup plus favorable à leurs vues que ce n’était le cas il y a à peine un an ». Bref, selon un avocat interrogé par The Washington Post, « la Cour sera au centre de l’attention, peut-être plus qu’elle ne l’a jamais été depuis Bush contre Gore lors de l’élection de 2000 ».

Et cela tombe mal, puisque selon le journal la Cour suprême est « en pleine crise de légitimité ». Le New York Times cite un sondage Gallup du mois dernier, selon lequel « seuls 40% des Américains approuvent le travail de la Cour », et c’est « son plus mauvais chiffre depuis l’an 2000, quand l’institut a posé la question pour la première fois ». Explication du Washington Post : « En juillet 2020, la Cour était à 58% d’approbation, son taux le plus haut depuis plus de dix ans, après une année consacrée à rejeter une loi texane sur l’avortement, protéger les migrants “Dreamers” et statuer que la loi fédérale sur les droits civils protégeait les gays et les transgenres ». Mais pour le journal, la dernière année a été « plus incertaine idéologiquement ». Un ancien conseiller de Ronald Reagan y va plus franchement dans le New York Times : « La Cour déraille », estime Donald Ayer, et « elle l’a fait très publiquement lorsque, l’été dernier, elle a décidé de se tourner les pouces pendant que le Texas passait une loi sur l’avortement qui interdisait presque toute intervention ».

Pour l’éditorialiste du Washington Post, le problème, c’est que « notre pays est divisé, très partagé, mais nous avons une Cour qui ne l’est pas du tout, en tous cas pas sur les dossiers qui comptent… »

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles