À la Une: Sanders sourit, Biden s’enfonce

Bernie Sanders, qui est arrivé en tête de la primaire démocrate du New Hampshire, est à la Une de quasiment toute la presse américaine ce mercredi. Certains quotidiens soulignent que Pete Buttigieg n’est pas très loin derrière, à l’image des éditions papier du Chicago Tribune ou du Boston Globe ; mais le frontrunner (celui qui fait la course en tête), c’est bien Bernie Sanders, titre le Dallas Morning News. Il « prend le contrôle de l’aile gauche » du parti, souligne le Washington Post.

Pour le New York Times, le grand perdant du New Hampshire est l’establishment. Une référence à la 4e place occupée par Elizabeth Warren et au plongeon de Joe Biden. « L’effondrement » : c’est le mot utilisé par le New York Post, dont la Une est très dure aujourd’hui pour l’ancien vice-président. Joe Biden y apparaît les yeux fermés, la bouche ouverte, avec ce titre : Say it ain't so, Joe (« Dis-moi que ce n’est pas vrai, Joe »), célèbre titre du groupe Murray Head. Mother Jones prédit que la primaire va désormais s’emballer. « Désolé, le New Hampshire », normalement « l’État impose de l’ordre dans la campagne (...). Mais pas cette fois ». « Cette primaire n’a pas atténué le chaos de la course. Au contraire, elle a montré que le Parti démocrate, qui cherche à trouver un champion capable de battre Donald Trump, reste intensément fracturé ».

La Justice américaine est-elle indépendante ?

L’autre titre aux États-Unis, c’est le retrait avec fracas de quatre procureurs qui travaillaient sur le dossier Roger Stone. Ce dernier, ami de longue date de Donald Trump, a été reconnu coupable en novembre de fausses déclarations devant le Congrès et de subornation de témoin. Leur retrait fait suite à une intervention exceptionnelle du ministre de la Justice William Barr (désigné par Donald Trump), pour adoucir la peine de ce dernier. Le président est accusé de bafouer le principe de la séparation des pouvoirs. Il s’est d’ailleurs fendu d’un tweet ce mercredi pour féliciter son ministre « d’avoir pris en charge une affaire qui était totalement hors de contrôle », qualifiant ces procureurs de potentiels « procureurs voyous ».

Pour le New York Times, cet évènement a « mis en évidence les questions relatives à la volonté du procureur général William Barr de protéger l’indépendance du ministère de toute influence politique ». Les critiques l’ont déjà accusé de « se ranger du côté du président en ce qui concerne l’application de la loi. (...) Mais là, on parle d’une enquête criminelle que Barr supervise ». « La réputation du ministère de la Justice est sous assistance respiratoire », estime le Washington Post. « La peine de sept à neuf ans de prison que les procureurs avaient demandé était précisément ce qu’une justice équilibrée exigeait. Loin de l’« erreur judiciaire » évoquée par Donald Trump ». Pour le Washington Examiner, en revanche, Roger Stone « n’est qu’un menteur » et « ne valait pas (...) le mélodrame » joué par les procureurs, qui « ne fait que rajouter à l’absurdité » de l’affaire.

Venezuela : Juan Guaido chahuté à son retour à Caracas

Juan Guaido, le chef de file de l’opposition est rentré à Caracas après une tournée en Europe et aux États-Unis. Mais pas sans peine. Il a été chahuté à son arrivée à l’aéroport, raconte El Carabobeño, par « un groupe de personnes identifiées comme étant des employés de la compagnie aérienne Conviasa », visée depuis peu par des sanctions américaines. « Ils l’ont agressé, insulté et lui ont jeté du liquide et des objets dessus », avant de s’en prendre à des journalistes.

En parallèle, soutient le journal, « des agents de sécurité proches de Nicolas Maduro avaient bloqué les autoroutes et l’accès à l’aéroport pour empêcher les partisans de Guaido et les députés de l’Assemblée » d’aller accueillir celui qui se présente comme le président du Venezuela. Tal Cual précise que depuis cet épisode, l’oncle de Juan Guaido, Juan José Márquez, qui voyageait avec lui, est porté disparu. Il avait expliqué à ses proches, par SMS, être retenu à la douane pour remplir des déclarations supplémentaires, avant de couper tout contact. L’équipe de communication de Juan Guaido exige sa libération, rapporte Efecto Cocuyo.

Colombie : polémique à propos de l’utilisation de l’avion présidentiel

L’un des avions présidentiels, le Fokker 002, a été « utilisé par la première dame, les enfants du président, quatre amis et leurs mères pour se rendre au parc d’attractions de Panaca le week-end dernier » et y « célébrer l’anniversaire d’une des filles du président », raconte El Heraldo. Le journal colombien explique que cela suscite une vive controverse sur les réseaux sociaux. El Espectador rappelle que « d’autres présidents, comme Alfonso López (...) ou Juan Manuel Santos, ont également connu des scandales en raison de l’utilisation présumée abusive d’avions officiels par des membres de leur famille à des fins privées ».