À la Une : le Sénat argentin doit se prononcer sur le droit à l’avortement

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L’avortement sera-t-il légalisé en Argentine ? Une loi en ce sens a déjà été approuvée par les députés et sera débattue ce mardi au Sénat. L'équilibre des forces entre les « pour » et les « contre » dans la Chambre haute laisse présager un débat intense et un vote très serré. En 2018, les sénateurs avaient déjà rejeté par sept voix un texte similaire qui autorisait l'interruption volontaire de grossesse jusqu'à 14 semaines de grossesse, dans un pays encore très catholique et profondément divisé sur la question. Pour l'heure, l'avortement n'est permis qu'en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère, selon une loi datant de 1921.

Ce mardi, la presse est aussi divisée que l'est la société argentine ou encore le Sénat. « Ce dont nous discutons n'est pas de savoir si nous sommes pour ou contre l'avortement : les femmes avortent », constate sans détour le quotidien La Voz. « Les sociétés les plus développées ont légalisé l'IVG. Ce faisant, elles ont non seulement réussi à réduire les complications liées aux avortements clandestins, elles ont également moins d'avortements. L'avenir est devant nous, écrivons l'histoire ! Et transformons-là en loi », s'exclame l'éditorialiste. Un avis partagé par le journal Pagina 12 qui espère pour cette journée historique « une marée verte » en référence aux foulards verts portés par les pro-IVG en Argentine.

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La presse conservatrice défend, elle, le droit à la vie. À l'instar du journal La Nacion qui écrit : « Beaucoup de choses ont été entendues en faveur du droit à l'avortement. Ses défenseurs ont fait valoir que l'existence de la vie pendant la grossesse n'était qu'une croyance religieuse ou philosophique. Cependant, l'existence du bébé avant sa naissance est un fait », estime l'éditorialiste qui cite la National Academy of Medicine : « Dès la conception, une nouvelle personne différente de la mère émerge, avec un ADN unique. Alors que s'ouvre aujourd'hui le débat crucial au Sénat argentin sur l'avortement, il faut rappeler une évidence : entre la vie et la mort, il n'y a pas de juste milieu », s'exclame La Nacion avant de conclure : « Le vrai débat d'aujourd'hui sera : la vie prévaut-elle ou la liberté prévaut-elle ? Légaliser la mort de l'être humain à naître ne peut jamais être une solution. Le Sénat a pour mission de promouvoir la vie. »

États-Unis : dans une rare union, élus démocrates et républicains de la Chambre des représentants infligent un camouflet à Donald Trump

Plus de deux tiers des parlementaires ont voté lundi soir en faveur du budget de la défense auquel le président avait opposé son véto la semaine dernière, rapporte The Hill. « 109 républicains ont voté avec les démocrates ». Et à en croire le Washington Post, « les élus républicains au Sénat en feront de même dans la semaine. En prêtant ainsi main forte à leurs collègues démocrates pour outrepasser le véto présidentiel, les républicains sont en train d'infliger à Donald Trump la plus grande défaite législative de son mandat à la Maison Blanche », estime le journal.

Haïti : la police nationale au centre de l’attention

La police nationale d'Haïti a mené ce week-end une offensive pour démanteler l'un des nombreux gangs criminels du pays, 400 Mawozo. 15 personnes ont été arrêtées. Mais Le Nouvelliste nous apprend aujourd'hui qu'aucun des principaux chefs de ce groupe armé ne se trouve parmi les individus interpelés. « Si les forces de l’ordre ont pu déloger les membres de ce gang » de leur fief dans la localité de Croix-des-Bouquets, « ils n’ont cependant récupéré aucune arme à feu ».

Cette offensive est l'une des actions menées en cette fin 2020 par la principale force armée d'Haïti. Notre confrère Frantz Duval, rédacteur en chef et éditorialiste du Nouvelliste titre aujourd'hui : « la police nationale essaie de finir l'année avec de meilleurs notes ». L’année 2020 a été difficile pour la police haïtienne, avec tout d'abord des mouvements de revendication en son sein et l'apparition d'un syndicat, puis des contestations violentes de policiers en fonction, mais aussi d'agents suspendus ou licenciés, tous regroupés dans un mouvement baptisé fantom 509 qui n'a pas hésité « à bloquer des rues, à brûler des véhicules, à attaquer des ministères », comme le rappelle Le Nouvelliste.

Pendant ce temps, l'insécurité s'est aggravée sur l'ensemble du territoire national. « Le peu de résultats contre les bandits finirent par emporter le directeur général de la PNH » ; le nouveau, Léon Charles, « doit encore faire ses preuves », estime Frantz Duval. L'éditorialiste rappelle que les questions concernant l'équipement, la formation et les conditions de travail des policiers restent les mêmes. Et il met en garde contre une politisation des forces policières en cette année 2021, année électorale de surcroit.

Prisonniers tués par la malnutrition en Haïti

Le système carcéral d'Haïti est également pointé du doigt aujourd'hui, et ceci par ses propres acteurs. « Entre le 13 et le 17 décembre 2020, quatre détenus sont morts à la prison de Jacmel », rapporte le site d'investigation Ayibopost. « Selon Maître Lionel Cherima, commissaire du gouvernement du tribunal de Première instance de Jacmel, ces détenus sont décédés d’une anémie sévère liée à la malnutrition. Ce n’est pas la première fois que des détenus décèdent pour ces mêmes causes dans la prison. La nourriture fournie par l’État n’est pas assez nutritive. Pour une alimentation équilibrée, les détenus ont besoin du soutien de leur familles ». Mais tous les détenus n'en bénéficient pas, constate Ayibopost qui conclut : « Avant le Covid-19, des institutions internationales comme Food for the Poor apportaient des dons alimentaires au centre carcéral de Jacmel. Mais depuis que la pandémie ravage le monde, ces organisations ont observé une pause dans ces projets. »

Cas de Covid-19 en hausse en Haïti

« Après des mois de baisse considérable, la pandémie connait une résurgence en Haïti », alerte le journal Le National en Une. « Entre le 22 et le 25 décembre, les structures sanitaires ont dépisté 140 nouveau cas. »

Le site d'information Rezo Nodwes annonce ce matin que le chanteur et ex-président haïtien Michel Martelly est atteint du Covid. Son état ne serait pour l'instant pas inquiétant mais son groupe de musique Sweet Miky a annulé toutes ses concerts de fin d'année.

Le Mexique pleure Armando Manzanero, l'une de ses légendes musicales

La star du boléro a été emporté dans la nuit de dimanche à lundi par le Covid-19. C'était un « Mexicain universel », notre « roi du romantisme », se souvient le journal Milenio. L'artiste, âgé de 85 ans, était connu pour ses talents de compositeur, de chanteur et de pianiste. « C'était une icône latino-américaine », estime le quotidien colombien El Tiempo. Du fait de la pandémie, des hommages ne seront pas organisés immédiatement. Mais la société des auteurs compositeurs, que Manzanero présidait depuis 2010, a demandé aux Mexicains de chanter, à la tombée de la nuit, l'un de ses boléros, Esta tarde vi llover -J'ai vu pleuvoir cet après-midi.