À Rio, on affiche les couleurs de la Seleção

Photo Christian Pouillaude

Comme tous les quatre ans, Rio se prépare pour la grande fête du futebol, la Coupe du monde. On sort les drapeaux, on décore les rues et les bars avec guirlandes et fanions colorés, on peint des fresques sur les murs et les chaussées, on organise des espaces à l’air libre réservés aux seuls supporters. Tout est à la gloire de la Seleção, l’équipe nationale. Qui, bien sûr, va gagner la coupe ! Tout est en jaune et vert, les couleurs nationales.

Les spécialistes disent qu’il y a moins de mobilisation dans les rues et les espaces publics qu’auparavant. C’est bien possible. Beaucoup se passe désormais dans des espaces privés, fermés, entre amis : grands écrans, churrasco, batucada et bière à volonté ! Sans oublier drapeaux et maillots.

Car la ferveur est toujours bien présente au pays du futebol. On dit que le futebol n’y est pas un sport mais une religion. Pas faux. Même si, comme partout ailleurs, les enjeux d’argent, les conflits de pouvoir, les égos de certains joueurs et la violence des supporters ont de quoi rafraîchir les ardeurs.

Cette année, un mot revient en boucle : HEXA ! Comme SIX. Le fol espoir de tout un peuple de remporter sa sixième Coupe du monde. La dernière date de… 2002 ! Vingt ans, c’est long, beaucoup trop long pour les torcedores (supporters). Ils ont beau répéter qu’aucun pays n’a encore gagné autant de coupes qu’eux, il est bien temps d’en rajouter une nouvelle !

Confusion des genres

Mais cette année, il y a un petit hic question couleurs et symboles. Car c’est depuis septembre que les drapeaux fleurissent aux fenêtres des appartements de certains quartiers et de certaines voitures et que de nombreux Brésiliens vont faire leurs courses revêtus du maillot de la Seleção. Ce n’est pas une anticipation de la Coupe mais la manifestation de leur soutien inconditionnel au président-candidat Jaïr Bolsonaro. Lequel a tout simplement préempté pour son seul compte ces deux symboles du pays : le drapeau national et la camisa (maillot) de la Seleção. Ils sont devenus les attributs de son national-populisme : une confusion des genres parfaitement organisée, qui ne laisse aucun espace à son adversaire. Compliqué pour un supporteur de la Seleção partisan de Lula !

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