À la Une: le retrait américain d'Afghanistan sous les critiques de la presse

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La date butoir pour le retrait des troupes américaines se rapproche, mardi prochain l’aéroport de Kaboul devra fermer ses portes. Joe Biden l’a assuré mardi, lors d’un G7 virtuel : les opérations d’évacuation seront terminées avant le 31 août.

Joe Biden maintient cette date du 31 août pour le retrait définitif des troupes américaines d’Afghanistan. Et dans les colonnes d’opinion, la presse américaine n’est pas tendre avec le président américain.

Alors que la Maison Blanche redouble d’efforts pour montrer au monde entier que ces opérations d’évacuations font l’objet d’un effort historique sans précédent, souligne Politico, pour les détracteurs de l’administration Biden comme pour les observateurs les plus neutres, ces « efforts » ne peuvent pas essuyer les critiques d’une fin de guerre bâclée, vingt ans après son début. Faute d’avoir anticipé, si Washington s’en tient à cette date du 31 août, alors cela impliquera d’abandonner des milliers de personnes en Afghanistan.

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Le Washington Post de son côté se demande : « Quand, exactement, le chaos est-il devenu un fait accompli dans l’esprit » de Joe Biden ? Entre les agences de renseignement qui l’auraient prévenu que la prise de Kaboul par les talibans était hautement probable, la démission du haut commandement en Afghanistan en juillet dernier alors que les insurgés gagnaient du terrain dans le pays… Pour le quotidien, il semble que nous ayons affaire à « une énorme boule d'incompétence collée au fond de la chaussure de Biden ».

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La presse évoque aussi une visite de deux députés américains, dans la capitale afghane, et qui n’est pas passée inaperçu. Celle d’un démocrate et d’un républicain, une visite inopinée qui en choque plus d’un au sein de la classe politique. Seth Moulton, démocrate du Massachusetts et Peter Meijer, un républicain du Michigan ont déclaré dans un communiqué conjoint qu'ils s'étaient rendus à Kaboul « pour superviser la mission d'évacuation mené par l’exécutif », rapporte CNN.

Sauf que ce voyage « de cape et d’épée », comme le qualifie le Boston Globe, mené en secret « par mesure de sécurité » et pour ne pas « perturber » les opérations sur le terrain, a pris de court et rendu furieux les plus hauts responsables politiques, de la Chambre à la Maison Blanche en passant par le département d’État. Le journal rapporte quelques réactions anonymes venues du sommet de l’État : un voyage « aussi débile qu'égoïste », irresponsable, tandis que d’autres députés estiment la décision de leur collègue « courageuse ».

Conséquence, ce rappel à l’ordre de la présidente de la chambre Nancy Pelosi qui a écrit aux législateurs pour les décourager de se rendre en Afghanistan, un voyage qui selon elle « détournerait inutilement les ressources nécessaires » des efforts d'évacuation. Elle n’a cependant pas évoqué les deux vétérans de la guerre d’Irak, rapporte le New York Times.

L'Amérique latine s’organise pour accueillir les Afghans évacués

La Colombie doit par exemple en accueillir environ 4 000. Au Mexique, cinq femmes afghanes ont été reçue mardi à l’aéroport de Mexico, par le ministre des Affaires étrangères. Quatre d’entre elles se sont exprimées devant la presse.

Ces cinq femmes font partie d’une équipe internationale de robotique réputée, ayant remporté le championnat mondial de robotique. Elles ont aussi créé des ventilateurs de soins aux patients Covid-19 fabriqués à partir de pièces automobiles usagées. Elles se disent très heureuses, honorées que le gouvernement mexicain leur a permis de rejoindre le pays : « Honorées qu’il leur ai donné cette opportunité, de lutter pour une meilleure vie. Vous n’avez pas seulement sauvé nos vies, mais aussi nos rêves, le rêve de continuer à faire le métier qu’elles aiment et pour lequel elles devraient se battre quand elles étaient en Afghanistan. »

Leur identité et le lieu d’où elles sont parties n’a pas été révélé pour des questions de sécurité. Le ministère des Affaires étrangères a indiqué qu'elles pourront accéder à un visa humanitaire pour une durée maximale de 180 jours avec droit de renouvellement, après quoi elles pourront choisir un autre statut.

La Cour suprême donne un coup d'arrêt à la politique migratoire de Biden

« Remain in Mexico », c’est le nom de la politique mise en place sous l’administration Trump et qui contraint les demandeurs d'asile à attendre au Mexique la date de leur convocation. Elle doit être rétablie, pour la cour. Dans le cadre de ce programme, plus de 60 000 demandeurs d'asile ont été envoyés en attente hors du territoire américain. L’administration Biden avait demandé la suspension de ce programme, demande rejetée par la Cour, portant ainsi un coup dur à l'administration du président Joe Biden.

Une décision qui pourrait être un signe inquiétant pour la nouvelle administration. Le tribunal examine une demande de dissolution du moratoire sur les expulsions liées à la pandémie mis en œuvre par les Centers for Disease Control and Prevention, au sujet duquel les juges les plus conservateurs du tribunal ont déjà exprimé leur scepticisme. Le tribunal a souvent fait preuve de déférence envers l'administration Trump dans de telles affaires d'urgence, y compris lorsque le MPP a été mis en œuvre pour la première fois.

Trois enfants de l'ancienne présidente du Nicaragua visés par la justice

Trois enfants de l'ancienne présidente du Nicaragua Violeta Barrios de Chamorro ont été accusés, mardi, notamment de blanchiment d'argent dans le cadre d'enquêtes contre des opposants politiques, a-t-on appris de source officielle.

Il s'agit du journaliste Carlos Fernando Chamorro, en exil au Costa Rica depuis juin, de l'ancienne favorite à l'élection présidentielle de novembre Cristiana Chamorro, en résidence surveillée depuis le 2 juin, et de l'homme politique Pedro Joaquín Chamorro, arrêté le 25 juin, a indiqué le ministère public dans un communiqué.

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