À quoi ressemblerait une Ukraine victorieuse ?

THE ECONOMIST

En couverture de son édition du 12 novembre, l’hebdomadaire britannique The Economist propose d’“imaginer la paix en Ukraine”. En première page est reproduite la photographie d’un obstacle antichar devant un mur de béton partiellement détruit. Un graffiti du célèbre artiste Banksy figure deux silhouettes d’enfants, créant l’illusion d’une balançoire à bascule.

Le titre se lance dans un exercice de politique-fiction sur l’avenir de l’Ukraine à l’horizon 2030. “C’est une nation démocratique, qui se prépare à rejoindre l’Union européenne. Sa reconstruction est presque terminée. Son économie connaît une croissance rapide ; elle est suffisamment saine et diversifiée pour tenir à distance les oligarques corrompus. Tout cela est soutenu par des forces ukrainiennes de sécurité solides.” Loin d’un essai sur le destin de l’Ukraine, l’exercice illustre les défis colossaux auxquels le pays est confronté.

À l’heure où l’armée russe se retire de Kherson, et même si les combats vont se poursuivre, The Economist évoque un moment charnière de la guerre, qui pourrait définir la fin de la décennie. L’Ukraine devrait, dès maintenant, entamer une réflexion sur sa reconstruction et s’offrir des garanties sécuritaires pour se prémunir d’éventuelles invasions futures.

Alliance hybride

Pour le titre, cela passe inévitablement par un renforcement des alliances avec l’Occident “pour se l’attacher”, et ainsi s’offrir l’assurance d’un soutien continu. Peu désireux de s’engager dans un conflit direct avec la Russie, les États-Unis et leurs alliés rechigneront sans doute à intégrer l’Ukraine à l’Otan en tant que membre à part entière. Le scénario le plus probable est celui d’une alliance hybride, impliquant une aide financière et militaire en cas d’agression.

La reconstruction économique doit réparer les dégâts matériels et résoudre la crise humanitaire en cours. Mais elle doit surtout poser les bases d’une économie assainie et d’un renforcement des institutions démocratiques, indispensables pour se porter candidat à l’adhésion à l’UE, explique The Economist. Une entreprise coûteuse qui nécessitera des investisseurs étrangers.

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