À la Une: remaniement ministériel au Brésil

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Pas un, pas deux mais six ministres forcés de quitter le gouvernement brésilien. Le plus important remaniement depuis l’arrivée au pouvoir du président Jair Bolsonaro. Renouveler presque un quart de son équipe est évidemment un choix stratégique à un an des élections. Exit donc les ministres de la Justice, de la défense ou encore des Affaires étrangères.

Ce dernier, Ernesto Araujo, était déjà sur la sellette, selon Carta Capital, il a gagné en trois ans la réputation de « pire chef de la diplomatie de l’histoire brésilienne ». Pour le président d’extrême droite, fragilisé par sa gestion jugée calamiteuse de la pandémie de Covid-19, il s’agissait avant tout de s’assurer du soutien du groupe parlementaire informel des centristes, écrit Folha de Sao Paulo. D’où la nomination de la députée Flavia Arruda au secrétariat du Gouvernement, chargé de dialoguer avec le Parlement. Cette figure du « Centrao » est seulement la troisième femme sur 22 ministres.

Soutien vital des centristes

Sans ce soutien, le président ne peut pas gouverner, explique justement un député centriste au journal Correio Braziliense. D’après cet élu, c’est aussi la pression du « Centrao », donc du bloc centriste, qui a amené Jair Bolsonaro à infléchir sa politique de gestion de la pandémie. Selon un député de l’opposition, qui s’exprime également dans Correio Braziliense, le remaniement ministériel ne répond pas au défi majeur que doit relever le gouvernement, à savoir freiner la propagation du virus.

« Cela ne nous aide pas à accélérer la campagne de vaccination », souligne Bohn Gass, du parti des travailleurs à la Chambre. Le député critique aussi un autre choix du jeu de chaises musicales : en nommant le ministre de la Justice à son ancien poste d’Avocat général de l'Union, Jair Bolsonaro cherche avant tout à se protéger d’éventuelles poursuites.

Test d’un deuxième vaccin « made in Cuba »

Dans la lutte contre le Covid-19, Cuba avance à son propre rythme et avec un certain succès. Lundi 29 mars 2021, le pays a commencé à vacciner 124 000 travailleurs de la santé avec Abdala, son deuxième candidat-vaccin anti-Covid. C’est un test à grande échelle auprès de populations à risque, des Cubains âgés de 18 à 80 ans, d’après le journal vénézuélien El Nacional, citant des responsables sanitaires cubains.

Selon le quotidien cubain Juventud Rebelde, la vaccination consiste à administrer 3 doses de ce vaccin « made in Cuba », avec comme objectif de réduire de 60% le risque d’infection. Parallèlement à ces tests, des essais cliniques de phase 3 sont menés avec ce vaccin auprès de 48 000 volontaires.

Des militaires mexicains retenus au Guatemala

Des soldats mexicains sont retenus au Guatemala, accusés d’avoir abattu un camionneur guatémaltèque. Les autorités guatémaltèques ont confirmé la mort du chauffeur routier et aussi le fait que sept soldats mexicains étaient retenus de l’autre côté de la frontière. Que s’est-il passé ? D’après le journal guatémaltèque Prensa Libre, on ne le sait pas exactement.

Selon des témoins, la camionnette guatémaltèque a été attaquée par des militaires mexicains. Le chauffeur aurait brandi une arme à feu et aurait été abattu. Des habitants de la zone frontalière entre les deux pays sont alors arrivés sur place et ont retenus 7 soldats qui ont été ensuite emmenés du côté guatémaltèque. Ils sont gardés par la police. Les négociations en vue de leur libération sont en cours.

Des affrontements entre militaires vénézuéliens et ex-guerilleros colombiens

Autre frontière, autres violences…ça se passe entre le Venezuela et la Colombie. Depuis dix jours, des affrontements ont lieu entre des soldats vénézuéliens et des groupes armés, des dissidents de l’ex-guérilla des Farc, selon les autorités colombiennes. D’après une spécialiste des questions militaires, Sebastiana Barraez, qui s’exprime dans le journal El Espectador, les ex-guerilleros cherchent à obtenir le soutien de la population. Ce groupe dissident des Farc opère aussi bien sur le territoire colombien que vénézuélien.

Des activités autrefois tolérées par le gouvernement chaviste mais qui souhaite à présent y mettre fin. Pour la spécialiste, il s’agit d’une lutte pour le pouvoir dans cette région frontalière, et surtout pour le contrôle du trafic en tout genre. Selon un député vénézuélien, interviewé par El Tiempo, les guérilleros cherchent à obtenir un accord politique avec le gouvernement de Nicolas Maduro. Une réunion en vue d’un cessez-le-feu pourrait avoir lieu dans les prochains jours.