À la Une: un résultat qui se fait attendre pour la présidentielle américaine

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Le New York Times parle d’un « suspense à se ronger les ongles qui pourrait durer des jours et des jours » : « Biden appelle à la patience alors que Trump menace d'aller devant la justice ». Et « se proclame à tort vainqueur alors que le dépouillement continue », s’indigne le Houston Chronicle. « Place aux avocats », soupire le Washington Post, qui estime dans un éditorial que « ce qui est plus important qu’un résultat qui nous convienne, c’est de compter tous les votes ». Reprenant les propos du président qui assure que les démocrates « essaient de voler l’élection », le journal explique que « des centaines de milliers de votes valides sont encore en attente, et les compter, ce n’est pas du vol mais la démocratie ».

Bref, pour le moment, impossible de savoir qui est le gagnant, « cela pourrait prendre des jours », analyse Politico, qui titre sur un pays « une fois de plus dans l’expectative ». « Les démocrates savaient comment ils allaient gérer les partisans les plus dévoués de Donald Trump, les éventuels recours en justice sur le vote par correspondance ou la peur que les juges conservateurs aident les républicains : en mobilisant leurs partisans pour un KO rapide et décisif. Et bien c’est raté », écrit Politico. Du coup, s’interroge le New York Times, « Trump est-il l’aberration que Biden décrit ? Quand il dit "Trump, ce n’est pas nous, ce n’est pas l’Amérique", est-ce que les électeurs sont d’accord ? » « Pour des millions de supporters de Trump, les quatre dernières années ont été une période de changement pour le meilleur, une période pendant laquelle ils ont eu l’impression d’avoir un président qui savait exactement qui ils étaient. »

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Le Washington Post titre sur une « nation divisée », et poursuit, « cette course serrée et le grand nombre de personnes qui ont voté traduisent une division partisane sur les crises » que traverse le pays. En fait, explique le New York Times, les sondages sortis des urnes montrent que « c’est le coronavirus qui a influencé les électeurs, mais ceux qui s’inquiétaient des infections en hausse ont voté pour Joe Biden, ceux qui votaient pour une économie ouverte pour le président Trump ». Pour ces sujets qui ont influencé les électeurs, le Washington Post rajoute l’inégalité raciale, et précise que les femmes ont davantage voté pour Joe Biden.

Donald Trump l’emporte en Floride

Donald Trump a passé quatre ans à « à travailler la communauté des exilés cubains de Miami » note Politico. Une communauté qui, note le journal, « avait commencé à pencher vers les démocrates pendant les campagnes présidentielles de Barack Obama - et de Hillary Clinton, qui en 2016 avait écrasé Trump dans le comté de Miami Dade ». Il fallait contrer cette tendance. El Nevo Herald, le quotidien en langue espagnole de Floride, note que Donald Trump a cette fois « dépensé des millions de dollars en annonces en espagnol à Miami et dans le centre de l’État, espérant ainsi gagner non seulement le vote des Américains d’origine cubaine conservateurs, mais aussi des Colombiens, des Portoricains et des centaines de milliers d’électeurs d’origine latino-américaine ». Le journal rappelle que « ces six dernières élections, celui qui a gagné la Floride a remporté la présidentielle ». Le Washington Post note quand même qu’au niveau national c’est Joe Biden qui mène sur le vote latino.

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Une élection qui se jouera sur le « mur bleu »

« Le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie concentrent toutes les attentions » note Politico. « Le résultat dépendra sans doute une fois de plus de l’ancien "mur bleu" (la couleur des démocrates) des États que Donald Trump a coloré en rouge en 2016, pour la première fois depuis des décennies », écrit The Hill. Et le journal de rappeler que le président, qui s’est rendu dans les trois États-clé les dernières semaines de la campagne, « fait bien mieux que ce que l’on attendait de lui dans nombre de ces États qu’il était obligé de remporter pour un second mandat ». Tout cela, note le Houston Chronicle, a même surpris les parieurs. Sur les sites de pari en ligne, Joe Biden avait commencé la journée en position de favori, de très loin. Mais dès que les votes ont commencé à être dépouillés, Donald Trump est remonté pour finalement prendre sa place. « Qu’il gagne ou qu’il perde, une fois de plus Trump laisse les élites abasourdies », résume le Washington Post. « Le fait que les démocrates soient bien plus susceptibles de voter par anticipation lui a donné une ouverture pour jeter le doute sur ce vote ». Mais ce n’était pas la peine, estime le journal, « à cause de l’ampleur et de la ferveur des soutiens de Trump qui ont envahi les bureaux de vote le jour de l’élection ». Le Washington Post prend l’exemple de l’Ohio, qui semblait acquis à Joe Biden, mais le jour de l’élection « Trump est revenu dans la course en rugissant », et a pris l’État.

Cette participation, que ce soit par la vote par anticipation ou celui du 3 novembre, le Boston Globe la décrit comme « un raz de marée pour la démocratie » : « Alors que nous avions toutes les raisons de nous détourner du vote - une pandémie, des accusations de fraude, des tentatives d’empêcher ce vote - nous le peuple, nous avons répondu présent. Quel que soit le vainqueur, c’est un rappel de qui contrôle la démocratie. »

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