À la Une: les réactions après les annonces de Biden sur l’immigration

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La réforme de la politique d’immigration, qui a été lancée avec la signature de trois décrets par le nouveau président Joe Biden, est suivie de près par la presse d’Amérique centrale. Ce qui n’est pas étonnant, car c’est de ces pays que sont originaires ou à travers lesquels transitent la plupart des migrants. Le journal hondurien El Heraldo note que malgré ses promesses de campagne, le président Biden continue d’expulser des centaines de migrants. Selon le quotidien, il s’agit de migrants jamaïcains, guatémaltèques et honduriens. Les expulsions devraient se poursuivre cette semaine selon El Heraldo.

De son côté, la presse guatémaltèque, à l’instar de Prensa Libre, salue la signature de trois décrets sur l’immigration par Joe Biden et notamment celui qui porte sur la création d’un groupe de travail chargé de réunir les familles de migrants. Parmi les mesures annoncées, il y en a une qui concerne particulièrement les pays d’Amérique centrale, à savoir les accords migratoires sur les demandes d'asile conclus par Donald Trump.

Ces accords signés avec le Salvador, le Guatemala et le Honduras exigeaient que les migrants qui faisant une demande d'asile à leur arrivée aux États-Unis soient renvoyés dans ces pays d'Amérique centrale pour y attendre la réponse. Selon Prensa Libre, ces accords étaient jusqu’à présent uniquement appliqués pour les demandeurs d’asile en provenance du Guatemala.

La diplomatie sanitaire en Amérique latine

Le Venezuela continue de fournir de l’oxygène pour les hôpitaux de Manaus. C’est à la Une de l’édition amazonienne du site d’information brésilienne G1. Deux nouveaux camions chargés de bonbonnes d’oxygène sont arrivés dans la capitale de l’État d’Amazonas. Ils transportaient 25 000 m3 de ce gaz précieux alors que les autorités sanitaires de Manaus chiffrent le besoin quotidien en oxygène à 80 000 m3.

Le système de santé de la ville est complètement débordé avec la hausse des contaminations et des cas très graves, liés probablement au nouveau variant du coronavirus. Cette situation oblige les autorités de Manaus à accepter l’aide du Venezuela et aussi de transférer des patients atteints par le Covid-19 vers d’autres villes au Brésil.

Nicolas Maduro promet plus d’oxygène

D’ailleurs concernant l’aide fournie par le Venezuela, son président Nicolas Maduro a assuré hier mardi qu’il était en train de « garantir » l'approvisionnement en oxygène des États frontaliers de Roraima et d'Amazonas, au Brésil. « Ce sera ainsi chaque fois, chaque semaine, selon leurs besoins », a-t-il déclaré lors d'un événement à Caracas, cité par Poder 360.

Selon le site d’information brésilienne, le président vénézuélien n’a pourtant pas précisé la quantité de l’oxygène qui sera envoyée au Brésil. En tout cas, la pénurie d’oxygène se poursuit dans l’État d’Amazonas. Un parlementaire de Manaus prévoit une pénurie dans les villes amazoniennes dans les semaines qui viennent, avec l’aggravation de la crise du Covid-19.

Le Mexique approuve le vaccin russe Spoutnik V

La diplomatie sanitaire concerne aussi le Mexique, dont les autorités ont autorisé mardi 2 février 2021 l'utilisation en urgence du vaccin russe Spoutnik V. Un vaccin de plus en plus populaire en Amérique latine, demandé par l’Argentine, la Bolivie et le Venezuela. Il y a plus d’une semaine, le président mexicain avait annoncé que son pays avait accepté d'acheter 24 millions de doses du Spoutnik V.

Les 400.000 premières doses doivent arriver dans les jours qui viennent, « une nouvelle qui donne un certain soulagement au ministre de la Santé mexicain », écrit le journal La Razon. Dans son éditorial, Milenio reste sceptique. « Pour l’instant, aucun pays européen n’a approuvé le Spoutnik V », écrit le journal qui note aussi que la dose du vaccin russe est vendue à 10 dollars contre environ 4 dollars pour le vaccin AstraZeneca, et 20 dollars pour celui de Pfizer/BioNtech.

L’église catholique haïtienne appelle le président à respecter la Constitution

C’est à la Une du Nouvelliste. « Après le secteur protestant, la Fédération des barreaux d’Haïti, des organisations syndicales et l’opposition politique, c’est maintenant l’Église catholique qui appelle le président de la République à respecter la Constitution en acceptant la fin de son mandat le 7 février 2021 ».

Selon les prélats, « personne n’est au-dessus de la loi et de la Constitution qui doivent donc être respectées par tous ». L’église catholique estime que le pays est au bord de l’explosion et appelle à la recherche du consensus par le dialogue social et institutionnel pour « éviter la catastrophe ».