À la Une: la réaction de la presse américaine après les événements de Washington

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Les grands titres de la presse américaine sont tous d’accord sur un point : Trump est responsable de ce qui est arrivé et les faits gravissimes qui se sont produits auront des conséquences espèrent le New York Times et le Washington Post. Pour le quotidien de la capitale, la poursuite du mandat de Donald Trump est une grave menace pour la démocratie. Le quotidien rappelle qu’alors que les événements se déroulaient, Donald Trump a publié deux tweets qui incitaient ses partisans à rester devant le Capitole, alors que la situation dégénérait. Ce n’est qu’à la suite d’appels de hauts responsables du parti républicain qu’il a finalement accepté d’adresser un message à cette foule, leur demandant de quitter les lieux, tout en rappelant que cette élection était un vol. Une vidéo avec un double message puisque Donald Trump termine en disant à ses supporters « Nous vous aimons. Vous êtes très spéciaux » rappelle un Washington Post très en colère.

Il s’agît là du regard d’une presse qui a toujours conspué Donald Trump. Du côté des journaux plus proches de Donald Trump, à l’image du Washington Times, on tente de se distancer, légèrement, des événements. « Les Américains épris de paix sont lents à se mettre en colère et il a fallu quatre ans de provocation pour que cela déborde » détaille le quotidien dans son éditorial. « Des manifestants pacifiques qui se sont transformés en manifestants en colère » et qui ont enfreint la loi. « Leur seule récompense » aujourd’hui est « le déshonneur et le regret ».

Le New York Post, un autre tabloïd, ne prend pas position.Mais les tribunes d’opinion publiées par le quotidien ce jeudi dénoncent presque toutes l’irresponsabilité du Président qui a provoqué « cette journée d’infamie ».

Réaction de la presse du continent américain après les évènements de Washington

« Journée d’infamie » titre le quotidien canadien La Presse ce jeudi. « Bien sûr que ce qui vient de se passer chez nos voisins du Sud est épouvantable » peut-on lire dans une tribune d’opinion du quotidien, « Bien sûr qu’il faut s’en désoler et le déplorer. Comme on le fait, d’ailleurs, lorsque la démocratie est menacée ou bafouée en Turquie, en Hongrie ou ailleurs dans le monde. Mais comment se surprendre de ce qui vient de se passer ? », s’interroge le journaliste. « L’insurrection à laquelle on vient d’assister est la suite logique de ce que Donald Trump et ses nombreux alliés ont dit et fait depuis l’élection du 3 novembre ».

Au Mexique, la revue Milenio publie également des tribunes très critiques à l’égard de cette « insurrection » et du rôle de Donald Trump. Un président sortant qui ne se préoccupe que de son ego, qui refuse de reconnaître sa défaite et la victoire de Joe Biden et qui ne se fiche des conséquences que pourraient avoir de tels événements pour la démocratie américaine.

Au Venezuela, tout comme à Cuba, des pays qui ont des relations pour le moins tendues avec les États-Unis, les journaux considérés comme officiels reviennent largement sur les événements au Congrès américain. Le quotidien vénézuélien Ultimas Noticias détaille la réaction des autorités du pays qui se disent préoccupées par ce qu’elles qualifient d’événements violents. « Les États-Unis souffrent des mêmes maux que ceux qu’ils ont engendrés dans d’autres pays avec leur politique d’agression » peut-on lire dans un communiqué diffusé par le ministère vénézuélien des Affaires étrangères.

Pour le quotidien cubain Granma, les manifestants pro-Trump ont « cassé les vitrines de la démocratie avec lesquels les États-Unis ont voulu donner des leçons au monde entier ». L’événement le plus grave au Congrès depuis 1814 rappelle Granma, lorsque les Britanniques avaient incendié le bâtiment, ainsi que la Maison Blanche et d’autres institutions. Une presse qui ne profite pas de ces événements pour tirer à boulet rouge sur les États-Unis.