À la Une: le projet Biden pour réformer l’immigration

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Joe Biden l’avait promis, les démocrates ont présenté ce jeudi le texte qui doit ouvrir la voie à la naturalisation de 11 millions de migrants sans papiers sur le sol américain. Ce projet n’oublie pas non plus les dreamers, ces migrants arrivés de manière clandestine aux États-Unis quand ils étaient mineurs. Eux aussi doivent pouvoir obtenir la nationalité américaine.

« À peine présenté et voilà que le projet de réforme de l’immigration de l’administration Biden est déjà critiqué comme étant beaucoup trop ambitieux pour avoir une chance d’être adopté par le Congrès », constate le Washington Post. « Mais un grand problème nécessite un grand plan », martèle l’éditorialiste qui poursuit : « en proposant à tous les 11 millions de migrants clandestins l’accès à la citoyenneté, Joe Biden cherche une solution globale au problème. Quoi que vous pensiez du nouveau président et de son équipe, personne ne peut les accuser de penser petit ». Un point de vue que ne partage pas le quotidien The Hill. « Alors que l'Amérique est confrontée à une crise croissante d'immigration illégale incontrôlée, l’approche de l’administration Biden affaiblit la frontière et applique au niveau national certaines des pratiques des villes sanctuaires les plus radicales », s’insurge l’un des éditorialistes du journal pour qui le projet de réforme « est dangereux et sape l'État de droit ».

Pour faire adopter la réforme par le Congrès, les démocrates auront besoin de voix des républicains. Neuf sénateurs républicains devraient voter en faveur de la réforme. Et ce n’est pas gagné. Dans le doute, « les démocrates poursuivent plusieurs pistes à la fois », croit savoir le Wall Street Journal. Ils attendent de voir « si le projet de réforme global gagne du terrain, tout en poussant simultanément d’autres projets de loi qui pourraient ouvrir aux migrants clandestins déjà installés aux États-Unis d’autres voies vers la légalisation de leur situation ».

De son côté le Los Angeles Times conclut : « Si le Congrès n’agit pas, Joe Biden devrait procéder par décret et faire valoir le principe de prescription pour s’assurer que les migrants clandestins de longue durée soient exclus des expulsions ».

Le mea culpa de Ted Cruz

C’est un mea culpa forcé, causé par une véritable tempête médiatique à son égard. Alors que le Texas est en proie à une tempête de neige sévère, des coupures de courant et d’eau potable, le sénateur républicain Ted Cruz a préféré partir au soleil avec ses enfants, à Cancún, au Mexique. À son retour précipité à Houston, ce jeudi, Ted Cruz a reconnu avoir fait une erreur.

Mais, auprès des Texans, ça ne passe pas. « La colère des Texans contre Ted Cruz pourrait alimenter l’ensemble du réseau électrique », lance le Houston Chronicle. « Suivez nos conseils, sénateur, et démissionnez ! », écrit l’éditorialiste. « On dirait que vous avez besoin d’une pause. Et nous aussi nous avons besoin de faire une pause d’un politicien inefficace qui, même en pleine crise, fait passer son intérêt personnel avant les besoins des Texans ».

Haïti : les associations de droits de l’Homme, de la société civile et les syndicats organisent ce vendredi ce qu’ils ont baptisé un « tribunal citoyen et populaire contre la dictature »

« Ce tribunal se tiendra à Port-au-Prince et aura une portée symbolique », explique l’un des organisateurs à l’agence Alterpresse. « Les crimes du pouvoir en place, dont les massacres, la dilapidation des fonds Petrocaribe du prêt vénézuélien à Haïti, les kidnappings, ne resteront pas impunis ».

La crise politique actuelle en Haïti, avec d’un côté le président qui estime que son mandat court jusqu’au 7 février 2022 et de l’autre l’opposition qui soutient que le mandat du président a pris fin le 7 février 2021, cette crise politique n’a pas d’issue juridique. Les deux institutions qui devraient statuer sur ce bras de fer entre Jovenel Moïse et l’opposition, à savoir le Conseil constitutionnel et le Conseil électoral permanent n’existent pas actuellement.

À défaut d’un arbitrage juridique, la solution à la crise actuelle doit être par conséquent sociopolitique, estime Joseph Harold Pierre. Ce politologue et économiste publie aujourd’hui une tribune en ce sens sur le site d’investigation Ayibopost. Pour Joseph Harold Pierre, « deux solutions sont envisageables : l’une est que l’éxécutif parte et soit remplacé par un pouvoir provisoire (c’est la meilleure option) », souligne le politologue. « L’autre est qu’il reste, mais renonce à l’organisation des élections et à la réforme de la Constitution ».

Colombie : 6 400 civils tués par l’armée dans l’affaire des « faux positifs »

Ce sont 6 400 civils qui ont été exécutés de manière extrajudiciaire par l’armée colombienne puis présentés comme des guérilleros tués au combat. En Colombie, ces cas d’exécutions extrajudiciaires, on les appelle les « faux positifs ».

Jusqu’à présent, rappelle le journal El Tiempo, le chiffre officiel était d’un peu plus de 2 000 cas. Mais hier la juridiction spéciale de paix a annoncé qu’au moins 6 400 civils ont ainsi été tués, la plupart d’entre eux sous les deux mandats du président conservateur Alvaro Uribe, entre 2002 et 2010.