À la Une: vers un procès de l’ancien président colombien Alvaro Uribe

La juge de Bogotá Carmen Ortiz a rejeté mercredi 27 avril la demande du procureur de classer l’affaire. Alvaro Uribe, rappelle El País, est accusé de subornation de témoin dans l’affaire qui l’oppose au sénateur Ivan Cepeda, que l'ex-président poursuivait en justice pour avoir affirmé qu'il était un allié des paramilitaires. Et contrairement à ce qu’espérait Avaro Uribe, la procédure qui le vise va donc se poursuivre.

Pourtant, rappelle le journal, il « avait renoncé à son siège de sénateur pour que l’enquête ne soit pas menée par la Cour suprême, mais par le bureau du procureur. Il fallait y voir l’espoir que ce dernier soit moins dur avec l’ex-président, car le procureur est un proche de l'actuel président uribiste Ivan Duque ». Et c’est bien ce qui s’est passé, rappelle El País : les preuves amassées par la Cour suprême ont été rejetées. Mais les victimes s’y sont opposées, et c’est ainsi que le dossier a atterri entre les mains de la juge Carmen Ortiz, qui estime donc « qu’il y a des preuves suffisantes pour qu'Alvaro Uribe soit jugé », note El Espectador.

Pour autant, estime un avocat pénaliste contacté par Semana, « ce n’est pas une défaite pour Uribe, comme beaucoup aimeraient le voir » : la juge a simplement estimé que « la partie devait continuer à être jouée : la présomption d’innocence reste intacte ». El Tiempo note que le bureau du procureur a indiqué qu’il ne ferait pas appel de la décision. « Le dossier judiciaire le plus important de Colombie continue, pour le moment, son chemin. La présidentielle du mois de mai, sans Uribe sous les projecteurs, aussi », conclut El País – l'ex-président ne voulant pas, au vu de ses démêlés judiciaires, handicaper la campagne de son candidat Federico Gutierrez, en le soutenant de manière ouverte.

Au Venezuela, Gladys Gutierrez à la tête de la Cour suprême

Gladys Gutierrez avait déjà dirigé la Cour suprême, rappelle El Luchador, entre 2013 et 2017, date à laquelle elle a été l’objet de sanctions américaines, rappelle Alberto News.

C'est le retour d’une fonctionnaire « proche de Maduro » à la tête d'un tribunal « au service du régime chaviste de Nicolas Maduro », estime La Patilla. Le journal précise que le nombre de ses membres a été réduit de 32 à 20, dont douze restent en place. « Ce n’est pas un bon signal pour le pays », estime dans Efecto Cocuyo l’Observatoire électoral vénézuélien, « parce que le TSJ (Tribunal Supremo de Justicia) sortant n’avait pas encore gagné la confiance de la majeure partie des citoyens ».

Pour le Parlement canadien, la guerre que mène la Russie relève du génocide

Le Parlement canadien vient d’adopter à l'unanimité une motion affirmant que la guerre menée par la Russie en Ukraine relève du génocide. Il y a dix jours, le Parlement ukrainien avait adopté une résolution du même type.

Au début du mois, le Premier ministre canadien Justin Trudeau estimait déjà qu’« on peut de plus en plus parler de génocide en Ukraine », rappelle La Presse. Le texte adopté ce mercredi affirme qu'« il existe des preuves claires et abondantes de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité systématiques et massifs ». Texte présenté par Heather McPherson, du Nouveau Parti démocrate, un soutien du parti Libéral au pouvoir, dont certains membres ont tout de même essayé de la convaincre d’adoucir sa motion. « J’ai dit non », explique Helen McPherson dans le Globe and Mail.

Le texte avait besoin pour être adopté de l’unanimité, ce qui a été le cas. L’ambassadeur de Russie au Canada a vu dans la motion, rapporte le Globe and Mail, « un geste russophobe politiquement vide ». Helen McPherson espère que le texte motivera Ottawa pour faire plus : davantage de sanctions contre le régime de Vladimir Poutine, et davantage d’aide humanitaire aux Ukrainiens, énumère La Presse.

Une « discriminations raciale » généralisée dans la police de Minneapolis

Aux États-Unis, un rapport sur les discriminations raciales au sein de la police de la ville de Minneapolis vient d’être rendu public. L’enquête menée par les services en charge des droits humains dans le Minnesota avait été lancé il y a deux ans, après la mort de l’Afro-américain George Floyd sous le genou d’un policier blanc. Ce que décrit le rapport est « répugnant, parfois horrible », selon les mots du maire de Minneapolis, repris par le Wall Street Journal.

Les policiers de la ville « utilisent davantage la force, arrêtent, fouillent et verbalisent plus souvent les personnes noires que les personnes blanches dans des circonstances comparables ». Ils « utilisent fréquemment un langage raciste, misogyne et non respectueux ». Et, souligne le New York Times, ils « ont utilisé de faux comptes sur les réseaux sociaux pour surveiller des Afro-Américains et des organisations afro-américaines. » La commissaire aux droits de l’homme Rebecca Lucero a indiqué que le Minnesota « espérait utiliser cette enquête pour trouver des solutions à long terme, pour un changement total » du fonctionnement des forces de l'ordre à Minneapolis.

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