À la Une: le président chilien Piñera déclare l’État d’urgence dans quatre provinces du pays

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Cette décision arrive après les affrontements de dimanche dernier entre police et manifestants mapuches, qui ont fait un mort pendant une marche dans la capitale, Santiago. Les Mapuches demandent la restitution de terres ancestrales qui sont entre les mains d’entreprises forestières et de propriétaires terriens. Depuis dix ans, face au manque de dialogue, les violences augmentent.

Avec cet État d’urgence, explique en Une El Sur, « les forces armées vont appuyer la police sur les routes dangereuses de la région sud ». L’état d’urgence est mis en place pour 15 jours, renouvelable, explique El Dia, qui cite le président : « L'État d’urgence doit permettre d’affronter plus efficacement le terrorisme, le trafic de drogue et le crime organisé ». « Ce n’est pas dirigé contre une population », a précisé Sebastian Piñera, et c’est la citation que El Diario Financiero a décidé de mettre en titre.

Des réactions politiques très tranchées

Le journal Emol se fait l’écho, dans le cadre de la présidentielle du 21 novembre prochain, de réactions politiques très tranchées : pour la coalition de gauche Apruebo Dignidad, « la violence est le dernier recours des incompétents, et quand le gouvernement prétend répondre avec la violence à un problème politique, on connaît les résultats ». De son côté Sebastian Sichel, le candidat de Chile Podemos, qui fait partie de la coalition présidentielle, estime que cette décision « répond à une situation critique qui demande toute la force de l’État pour protéger nos citoyens ».

Au contraire, estime dans La Tercera Onésima Lienqueo, la coordinatrice d’une ONG d’aide aux enfants mapuches, c’est « une atteinte à la vie et au développement de milliers d’enfants, et pas seulement mapuches. Et qui correspond à ce que demande la droite, les corporations de camionneurs et d’agriculteurs et principalement les entreprises forestières ». Dans La Nacion, Elisa Loncon, une linguiste mapuche qui préside la convention chargée de rédiger une nouvelle Constitution pour le Chili, regrette, elle aussi, la décision présidentielle : « Ce dont les citoyens ont besoin, ce sont de solutions politiques, des solutions en fonction de la culture, des solutions qui permettent de faire avancer l’économie et de venir à bout de la pauvreté qui affecte les communautés ».

À Cuba, le gouvernement a interdit une marche pacifique de l’opposition

Les organisateurs de la manifestation, prévue pour le 15 novembre, des artistes et des opposants politiques, appellent à plus de démocratie sur l’île... Une initiative qualifiée de « subversive » par le régime qui l’a interdite. Mais l’opposition maintient la marche, c’est à lire dans 14 y medio. Avec cette réaction de la plateforme Archipielago, qui l’a organisée : « La réponse du régime montre une fois de plus que l’État de droit n’existe pas à Cuba, qu’ils ne sont pas prêts à respecter leur propre Constitution ». Archipielago fait référence à l’article 56 qui, précise El Nuevo Herald, le journal de Miami, « reconnaît le droit aux manifestations pacifiques ».

Mais, explique 14 y medio, le parti au pouvoir estime que cette marche du 15 novembre est une « provocation pour un changement de régime » à Cuba. Pour preuve, selon les dirigeants cubains, « l’appui que lui ont donné des députés américains ». En tout cas, estime El Nuevo Herald, l’appel à cette marche « augmente la pression sur le gouvernement cubain pour qu’il autorise une opposition politique dans l’île communiste, alors que la violente répression contre les manifestants du 11 juillet a entraîné une condamnation internationale ».

Des manifestants décapitent la statue d’un ancien président et abîment une statue de Christophe Colomb

Ce mardi, c’était le « jour de l’hispanité », qui commémore l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique. Les peuples indigènes, eux, « commémorent le Jour de la dignité et de la résistance des peuples indigènes », rappelle le journal La Hora. Certains manifestants ont donc « tenté de déboulonner une statue de Christophe Colomb et ont abîmé une statue de José Maria Reina Barrios », titre El Periodico. Prensa Libre rappelle que l’ex-président était justement celui qui « en 1892 avait émis le décret demandant la construction du monument au navigateur italien ».

De fait, ces monuments historiques sont aujourd’hui vu par les manifestants de plusieurs pays du continent comme « un symbole des revendications des peuples autochtones ». El Periodico signale que des statues de Colomb ont déjà été abîmées ou renversées en Colombie, au Venezuela, en Bolivie, en Argentine... Et qu’à Barcelone, en Espagne, on pense même à retirer une, « en pleine vague d’attaques contre des figures du passé liées au racisme et à l’esclavage ».

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