À la Une: poussée de coronavirus à la frontière entre les États-Unis et le Mexique

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Cette « poussée record des cas de coronavirus inquiète les responsables des citées frontalières d’El Paso, Texas, et de Ciudad Juarez, au Mexique », une zone de trois millions d’habitants rapporte le Rome Sentinel. La cause ? Selon les responsables sanitaires, ce sont « les réunions familiales, le fait que plusieurs générations vivent sous le même toit, et que les jeunes sortent faire des courses ou s’occuper de leurs affaires ».

Le virus, note le Rome Sentinel, « montre combien les deux villes sont imbriquées économiquement, géographiquement et culturellement, et avec beaucoup d’habitants qui ont l’habitude de franchir la frontière pour faire leurs achats ou voir la famille ».

El Paso Times donne les chiffres : 1 128 nouveaux cas rapportés ce jeudi 29 octobbre à El Paso, et deux morts supplémentaires, ce qui fait en tout 585 morts dues au Covid-19 dans la ville. On en compte presque deux fois plus de l’autre côté de la frontière, à Juarez : 1 143 morts, et près de 13 000 personnes contaminées, note El Paso Times, qui annonce qu’un immense site de test a été ouvert hier côté américain, et précise qu’« aucun rendez-vous n’est nécessaire, et le test est gratuit pour les résidents, qu’ils présentent ou pas les symptômes du Covid-19 ».

90 000 morts au Mexique

Comme aux États-Unis, c’est bien sûr tout le pays qui est en fait touché par la maladie : « le Mexique atteint les 90 000 morts du Covid-19 ; et les 906 000 personnes contaminées », titre El Universal, et au moins 182 000 personnes sont considérées aujourd'hui comme des cas suspects, a indiqué hier lors d'une conférence de presse Jesus Alomia. Le directeur général de l’épidémiologie a précisé que c’est l'Etat de Chihuahua dans le nord qui connaît la plus forte poussée. Le journal El Heraldo de Chihuahua se fait d’ailleurs l’écho des propos de Leticia Ruiz Gonzalez, du secrétariat de la Santé, qui « appelle à un effort de tous pour mener une prévention efficace », demandant par exemple que dans chaque famille ou centre de travail il y ait une « personne référente » pour l’organisation face au Covid-19.

Autre sujet d’inquiétude, note Excelsior : la célébration de la Vierge de Guadalupe le 12 décembre, qui présente un « risque extrêmement élevé de contagion ». Lors de la conférence de presse d’hier Hugo Lopez-Gatell, le sous-secrétaire à la Santé, a estimé que « faire venir des millions de pèlerins de différents points du pays dans la basilique de Guadalupe pourrait inverser le succès de 20 Etats dans le pays qui en ce moment sont dans une phase descendante ». Mileniorapporte que selon Hugo Lopez-Gatell « les autorités de l’Église catholique ont décidé de contrôler les entrées sur le parvis de l’édifice et tenir la célébration de manière virtuelle », ajoutant que le gouvernement peut donner des « permis spéciaux pour tenir des rituels religieux en se servant de divers moyens de communication ».

À Philadelphie, une campagne perturbée

Selon le Washington Post, les manifestations et violences à Philadelphie après que la police a tué lundi un homme noir perturbe la campagne présidentielle. Le meurtre de Walter Wallace Jr. a « enflammé les tensions sur les questions de race, de violence et d’application de la loi, qui sont autant de défis politiques pour Joe Biden et le président Trump », explique le Washington Post, « dans un État-clé que Donald Trump a remporté il y a quatre ans, mais dans lequel selon les sondages le candidat démocrate le distance de peu ».

Politico note que Donald Trump, après les violences de lundi, « est retourné à sa rhétorique d’instillation de la peur, en insistant fortement sur “la loi et de l’ordre“ pour gagner les électeurs de banlieue qui l’ont abandonné ».

Pour Joe Biden, c’est plus compliqué : selon le Washington Post, il a besoin des électeurs de banlieue, mais aussi d’« un vote conséquent des Afro-Américains qui habitent en ville, où les électeurs sont davantage libéraux ». Et, rapporte le Washington Post, « lorsque l’ancien vice-président », qui a aussi condamné en des termes forts le meurtre de Walter Wallace Jr, « a mis l’accent sur les manifestants violents, cela en a contrarié certains qui disent qu’il devrait moins se concentrer sur les pillages et plus sur la justice raciale ».

Au Venezuela, Nicolas Maduro prêt à dialoguer avec le vainqueur

« Maduro répète qu’il est prêt à dialoguer avec le vainqueur de la présidentielle aux États-Unis, quel qu’il soit », titre El Universal. Le président vénézuélien a reçu hier la presse étrangère, et rappelé que « depuis l’arrivée au pouvoir du chavisme, le contact a été maintenu “au milieu des pires conflits” avec les anciens présidents Bill Clinton, George W. Bush, Barack Obama et Donald Trump », rapporte El Nacional.

Pendant cette conférence de presse, Nicolas Maduro a aussi parlé de la raffinerie d’Amuay, la plus grande du Venezuela, située dans le nord-ouest. Selon lui elle a subi « une attaque terroriste », rapporte Ultimas Noticias, proche du gouvernement, une attaque « avec une arme puissante, dont nous sommes en train de déterminer la nature », a indiqué le président, sans préciser l’étendue des dommages subis.

El Nacional s’intéresse de son côté au fait que le président « a reconnu qu’au Venezuela il n’y a du pétrole que pour 20 jours » et qu’il travaille à ce qu’il y en ait pour trente. De toute façon, cette attaque « aurait été reconnue comme une possible fuite de gaz fluorhydrique », selon le député d’opposition Luis Stefanelli qui s’exprimait hier à l’Assemblée nationale. Plus largement selon le chef de l’opposition Juan Guaido, « ce qui a détruit Amuay et les raffineries de ce pays, c’est la corruption et le pillage par la dictature qui en plus contribuent aux violations des droits humains ». Deux réactions à lire là aussi dans El Nacional.