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À quoi pourraient ressembler "les boutons d'appel" contre les attentats dans les écoles?

Martin BUREAU © 2019 AFP

Une réponse à la mort de Dominique Bernard. Près de trois semaines après l'assassinat contre le professeur de français à Arras, Élisabeth Borne souhaite la mise en place de boutons d'appel dans les établissements scolaires dans le but de "prévenir immédiatement les commissariats" en cas de danger.

"Ce que je cherche, ce sont des mesures efficaces", a affirmé la Première ministre ce lundi 6 novembre sur France Inter, précisant que Gabriel Attal devait recevoir dans la matinée les associations d'élus locaux "pour définir ensemble les mesures de sécurité qu'on peut mettre en place".

L'Éducation nationale pourrait s'inspirer de processus déjà déployés dans certaines municipalités. Après l'attentat de la promenade des Anglais le 14 juillet 2016, Nice a lancé des boutons d'alerte dans les écoles maternelles et primaires qui sont directement sous sa compétence.

Un contact radio direct avec la police

Dès que l'un des boutons alerte-attentat, qui se trouve dans plusieurs endroits de l'établissement scolaire, est actionné un contact radio immédiat est établi avec la police municipale. Il est alors renvoyé vers le centre de supervision qui regroupe toutes les caméras de surveillance de la municipalité.

Après une "levée de doute effectuée" par caméra de vidéosurveillance, un équipage se rend sur place si nécessaire. En octobre, la présidente de Régions de France Carole Delga (PS) avait évoqué la possibilité d'installer des bornes d'appel dans les lycées "pour avoir en urgence le contact avec les forces de police ou de gendarmerie".

Le confinement des classes

Autre possibilité: des boîtiers anti-attentat qui permettent de confiner les élèves et des personnels dans les classes comme à Châteauroux dans l'Indre. Très concrètement, le bouton confinement permet de faire retentir une alarme dans toute l'école, puis de verrouiller les portes et de se mettre en situation d'intrusion éventuelle.

La mairie d'Aix-en-Provence a, elle, fait le choix d'équiper les personnels des établissements scolaires de bippeurs dès 2016. En cas de suspicion d'attentat, ils peuvent appuyer sur un boîtier qui prévient immédiatement par SMS la police municipale.

Des dispositifs coûteux

Les syndicats de l'Éducation nationale semblent regarder ce type de dispositif avec bienveillance.

"Toutes les mesures de ce type sont les bienvenues", a salué Maxime Rieppert, vice-président du syndicat des écoles, collèges et lycées sur BFMTV.

Une embûche reste cependant sur la table: son coût. À Nice par exemple, le dispositif pris en charge par la municipalité est évalué à plusieurs millions d'euros. Par ailleurs, chaque niveau scolaire correspond à un échelon territorial.

Si ce sont les communes qui ont en charge la gestion du bâti scolaire pour les écoles maternelles et primaires, ce sont les départements qui ont en charge les collèges. Les lycées dépendent, eux, des régions.

Élisabeth Borne s'est d'ailleurs gardée de préciser le dispositif choisi, renvoyant la question du coût son ministre de l'Éducation nationale. Gabriel Attal a rencontré ce lundi les présidents des associations d'élus locaux pour avancer sur le dispositif de sécurité des établissements scolaires.

Article original publié sur BFMTV.com