À quel point la vaccination obligatoire contre le Covid peut-elle convaincre les réfractaires?

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Les vaccins contre le Covid-19 ne sont pas obligatoires, mais le pass sanitaire limite la vie sociale pour les non-vaccinés. (Photo: KTSDesign/SCIENCEPHOTOLIBRARY via Getty Images)
Les vaccins contre le Covid-19 ne sont pas obligatoires, mais le pass sanitaire limite la vie sociale pour les non-vaccinés. (Photo: KTSDesign/SCIENCEPHOTOLIBRARY via Getty Images)

SANTÉ - C’est un serpent de mer qui resurgit une nouvelle fois. Sous l’impulsion des socialistes, les sénateurs ont débattu ce mercredi 13 octobre d’une proposition de loi pour rendre obligatoire la vaccination contre le Covid-19.

Certes cette proposition a finalement été rejetée sans surprise en début de soirée par le Sénat, dominé par l’opposition de droite, mais elle soulevait une question: comment améliorer la couverture vaccinale, alors que le nombre de premières injections n’a jamais été aussi bas? Durant l’été, le pass sanitaire a réussi à convaincre beaucoup d’indécis, mais les 11% d’adultes encore non vaccinés (qui vont devoir payer leurs tests dits “de confort” à partir du 15 octobre) ne semblent plus prêts à sauter le pas massivement.

L’obligation vaccinale permettrait d’aller plus loin? Il n’y a pas de réponse claire à cette question, mais l’évolution de la situation pour le personnel soignant permet de se faire une idée.

Depuis la mi-septembre, les salariés des hôpitaux, cliniques et maisons de retraite, ainsi que les soignants libéraux, aides à domicile, pompiers et ambulanciers devaient justifier d’au moins une injection de vaccin. Ce vendredi 15 octobre, ils auront l’obligation d’avoir un schéma vaccinal complet pour continuer à travailler.

Et le fait est que les chiffres sont au-dessus de la moyenne nationale. Ainsi, en fonction des catégories professionnelles et des secteurs, entre 98% (les médecins) et 93% (masseurs et sages-femmes libéraux) des soignants sont vaccinés. “La couverture vaccinale des professionnels de santé est suffisante”, estime le ministère de la Santé.

On sait également que la vaccination obligatoire fait grimper de quelques points la couverture vaccinale en général. Depuis 2018, des vaccins jusqu’alors recommandés pour les nourrissons sont devenus obligatoires. Dans un bilan publié en 2019, Santé publique France rapportait que “la couverture vaccinale a connu une nette amélioration”.

Le vaccin pour le méningocoque C est passé de 39,3% en 2018 à 75,7% en 2019. Le multivaccin protégeant notamment du tétanos, de la coqueluche et de la poliomyélite a atteint une couverture de 98,6%, contre 93,1% l’année précédente.

Indécis ou inaccessibles?

Mais il est en réalité impossible de calquer simplement ces chiffres sur l’ensemble de la population française. Les nourrissons comme les personnels soignants ont un accès évident au système de santé, et kes informations sur les vaccins sont accessibles aux professionnels comme aux parents d’enfants en bas âge. Ce qui n’est pas spécialement le cas de tous les Français, notamment les plus à risque.

Ainsi, la couverture vaccinale en France des plus de 80 ans reste faible, à 86,4%. C’est bien moins que dans d’autres pays comme l’Espagne ou le Québec, note auprès de l’AFP Olivier Guérin qui préside la Société française de gériatrie.

La raison? Difficile à dire, mais le fait est que plus de 5 millions de Français n’ont pas de médecin traitant. En Espagne à l’inverse, tous les individus sont rattachés à des centres de santé et ont tous été contactés par ces centres pour se faire vacciner.

Pas sûr que le caractère obligatoire de la vaccination suffise à atteindre ces personnes âgées encore non-vaccinées, pourtant les plus à risque face au Covid-19, et “objectif prioritaire” du ministère de la Santé. Après le “aller vers” qui n’a que moyennement fonctionné, ordre va bientôt être donné aux préfets et aux ARS de réaliser de nouvelles “actions de repérage et d’information” vers ce public.

À voir également sur Le HuffPost: la course de graphique qui montre la progression française sur les vaccins

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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