Plusieurs milliers de manifestants en France en soutien aux Palestiniens

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Malgré l'interdiction, confirmée en justice, les soutiens aux Palestiniens se sont rassemblés à Paris, samedi après-midi. Plusieurs autres défilés, autorisés, ont lieu à travers la France. Au total, les manifestations ont rassemblé 22 000 personnes en France, dont 2 500 à 3 500 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur.

L'interdiction des autorités, confirmée en justice, ne les a pas arrêtés. Les soutiens aux Palestiniens se sont rassemblés à Paris, samedi 15 mai dans l'après-midi, immédiatement dispersés par les forces de l'ordre, tandis que plusieurs autres rassemblements, autorisés, ont eu lieu à travers la France.

Au total, les manifestations ont rassemblé quelque 22 000 personnes en France, dont 2 500 à 3 500 à Paris, a affirmé, samedi soir, le ministère de l'Intérieur.

Les rassemblements les plus importants ont eu lieu à Strasbourg (4 000 manifestants), Marseille (1 500), Lyon et Nantes (1 000), a précisé le ministère.

Un total de 51 personnes ont été interpellées, dont 44 à Paris. Il y a eu deux "blessés légers" chez les forces de l'ordre : un agent de la BAC à Nice et un gendarme mobile à Paris, a-t-on ajouté.

"Parce que nous refusons de taire notre solidarité avec les Palestiniens, et que l'on ne nous empêchera pas de manifester, nous serons présents (au métro) Barbès" samedi "à 15 h", avait lancé l'Association des Palestiniens en Île-de-France, ainsi qu'une petite trentaine d'autres organisations, telles Attac, l'Action Antifasciste Paris-Banlieue, le Nouveau Parti Anticapitaliste.

Peu avant 15 h, sur place, le déploiement policier massif était visible dans tout le quartier. Au total, 4 200 policiers et gendarmes étaient mobilisés, selon la préfecture de police, qui ont pour consignes de "dispersion immédiate" dès que des manifestants tentent de se regrouper, en utilisant le "lanceur d'eau", ou de verbaliser, à hauteur de 135 euros.

"Ils veulent clairement laisser pourrir la situation"

"Évacuez la place", appelle un policier dans un porte-voix Place du Château rouge.

Le canon à eau a été utilisé, ont constaté des journalistes de l'AFP, selon lesquels des face-à-face entre manifestants et forces de l'ordre avaient lieu dans des petites rues qui mènent au boulevard Barbès (18e arrondissement).

Des contrôles avaient lieu sur le boulevard aux alentours par les forces de l'ordre, qui filtraient les piétons voulant se rendre au carrefour Barbès.

Par ailleurs, la préfecture de police avait pris un arrêté de fermeture des commerces dans le secteur de Barbès-Rochechouart, à partir de midi.

L'interdiction de manifester dans la capitale a été prise jeudi soir par le préfet de police de Paris, Didier Lallement, à la demande du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin pour des "risques de troubles". Il a été mis en avant le précédent de 2014, lorsqu'une manifestation pro-palestinienne à Paris avait dégénéré en violences urbaines.

Les organisateurs ont tenu une conférence de presse en tout début d'après-midi pour réaffirmer leur "solidarité" alors que, dans les territoires palestiniens, "le massacre continue". L'un des organisateurs, Walid Attalah, a répété leur intention de manifester "pacifiquement", jusqu'à la place de la Bastille, et dénoncé l'attitude des autorités : "Ils veulent clairement laisser pourrir la situation et qu'il y ait des débordements", a-t-il affirmé.

"Partout dans le monde des manifestations de soutien se sont tenues, la France est une exception, c'est aussi contre (ça) qu'on se mobilise", a martelé Julien Salingue (NPA), un autre organisateur.

"Risques de troubles graves"

Saisi en référé-liberté par l'Association des Palestiniens en Île-de-France, le tribunal administratif a confirmé, vendredi, cette interdiction

Une autre association, qui avait aussi prévu une manifestation dans un autre quartier de Paris, dont l'interdiction a également été confirmée par le tribunal administratif, a déposé un recours devant le Conseil d'État, examiné à partir de 13 h.

Le tribunal administratif a justifié sa décision en avançant que le contexte "tant international qu'intérieur" ne permettait pas "d'estimer que les risques de troubles graves" ne "seraient pas aussi importants voire supérieurs à ceux avérés en 2014".

D'autres manifestations ont été interdites, comme à Nice, ou à Aubervilliers et Montreuil, en Seine-Saint-Denis.

En revanche, des manifestations ou rassemblements ont été autorisés dans de nombreuses villes. Ainsi, plusieurs centaines de personnes, drapeaux palestiniens - voire parapluie des mêmes couleurs - à la main, se sont rassemblées sous la pluie à Toulouse pour dire leur opposition au "colonialisme, au racisme et à l'apartheid". "Sauvez Gaza", "personne n'est libre quand d'autres sont opprimés" ou "Palestinian lives matter" ("Les vies des Palestiniens comptent"), pouvait-on lire sur des pancartes.

Des rassemblements ont également eu lieu à Lyon, Bordeaux, Marseille, Nantes, Rennes, Lille, Metz, Saint-Étienne, ou Strasbourg.

Avec AFP

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