À Paris, Hidalgo augmente la taxe foncière et accuse le gouvernement

A Paris, Hidalgo (ici le 13 septembre) augmente la taxe foncière et accuse le gouvernement

La maire de Paris estime que les ministres d’Élisabeth Borne n’accompagnent pas assez les collectivités face aux différentes crises.

POLITIQUE - La faute aux crises (et au gouvernement). Confrontée à une situation budgétaire délicate, la maire de Paris Anne Hidalgo a décidé d’augmenter de 7 points la taxe foncière, renonçant à sa promesse de campagne de ne pas augmenter d’impôts, annonce-t-elle ce lundi 7 novembre, dans une lettre aux habitants.

Le taux de la taxe foncière passera de 13,5 % à 20,5 % en 2023, sauf pour les propriétaires qui s’engageront dans la rénovation thermique de leur appartement et ceux « rencontrant des difficultés économiques » et titulaires d’allocations de solidarité (Aspa, ASI, AAH), précise l’élue socialiste dans ce courrier.

Ces deux catégories bénéficieront d’une exonération totale. Pour les autres, un propriétaire d’un 50 m2 verra sa taxe foncière passer de 438 à 665 euros en moyenne, et celui d’un 75 m2 de 576 à 874 euros, selon les chiffres communiqués par la Ville. La taxe foncière « est aujourd’hui à Paris la plus basse de France à 13,5 % contre 41,61 % en moyenne dans les grandes villes françaises, et elle n’a pas augmenté depuis 2011 », fait valoir Anne Hidalgo.

La capitale, qui compte 2,1 millions d’habitants, ne compte que 32 % de propriétaires, un pourcentage là aussi inférieur à celui des autres villes, a souligné le Premier adjoint Emmanuel Grégoire lors d’un point presse, reconnaissant « un effort très important » pour les contribuables concernés.

Hidalgo charge le gouvernement

« On avait dit, pendant la campagne (des municipales en 2020), que nous n’augmenterions pas les impôts », a reconnu l’élu socialiste, « mais il s’est passé depuis beaucoup de choses : la crise du Covid, la crise ukrainienne, la crise énergétique (...), des crises systémiques qui s’inscrivent dans la durée ».

D’autant que, selon la mairie, l’État et le gouvernement sont défaillants dans l’accompagnement des collectivités territoriales. Selon la majorité municipale, Élisabeth Borne et ses ministres ont « refusé » toutes les propositions faites pour réduire l’impact économique de ces crises. « Pour les communes, le gouvernement a refusé de faire contribuer davantage les propriétaires de résidences secondaires », d’« augmenter la taxe de séjour pour les hôtels de luxe et les palaces », et de « lutter contre les abus fiscaux sur certaines transactions immobilières très élevées », regrette encore Anne Hidalgo dans sa missive.

Dans ces conditions, la maire de Paris, qui prévoit 1,7 milliard d’investissement pour 2023, estime que sa décision d’augmenter la taxe foncière « permettra » ainsi « de maintenir une haute qualité de nos services publics, de continuer à investir dans le logement, dans la transition écologique, dans l’entretien et la modernisation de notre patrimoine et de nos équipements, dans l’embellissement de nos rues et de nos jardins. »

Cette augmentation doit apporter à la Ville un surcroît de recettes de 586 millions en 2023, anticipe l’adjoint aux finances Paul Simondon. Selon cet autre élu socialiste, la Ville n’empruntera plus en 2023 que 514 millions contre 860 cette année, et l’encours de sa dette devrait s’établir autour de 8 milliards d’euros.

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