À la Une: un pardon du président brésilien contre la Cour suprême

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Au Brésil, coup de tonnerre : le président Bolsonaro accorde le pardon présidentiel à son ami le député Daniel Silveira, qui venait d’être condamné par la Cour suprême à huit ans et neuf mois de prison, en plus de la perte de son mandat et de ses droits politiques.

Il avait, rappelle Correio Braziliense, « appelé à des actes de violence contre les institutions et menacé les ministres de la cour suprême ». Avec cette grâce, estime le journal, « le président affronte la Cour comme jamais auparavant, installant une crise entre les branches de la République, aux conséquences imprévisibles ». Car ce n’est pas la fin, mais bien « un nouveau chapitre de l’affrontement épuisant entre Bolsonaro et la Cour », estime O Dia.

La presse s’étrangle : « il est clair que le président n’a que faire de Silveira. Il a vu l’opportunité d’investir dans le désordre », écrit dans son éditorial Folha de Sao Paulo, qui parle d’un décret « illégal, immoral et de coup d’État ». Pour l’ancien membre de la Cour suprême Carlos Ayes Britto, interrogé par le journal, « la grâce n’est pas destinée à pardonner les crimes que la Constitution a qualifiés de particulièrement nuisibles à la communauté ». De fait, « les partis politiques se mobilisent pour l’annulation de la grâce », écrit Correio Braziliense, avec des recours prévus devant la Cour ou le Congrès pour faire annuler le décret présidentiel.

Disney contre DeSantis

Aux États-Unis, Ron DeSantis s’attaque à Disney. Le gouverneur républicain de Floride a fait adopter par le parlement local un projet de loi supprimant le statut spécial dont bénéficie Disney depuis les années 60 pour gérer son parc. Le Boston Globe en parle comme « de représailles hardies après que Disney, le plus grand employeur de Floride, a condamné une nouvelle loi (…) qui empêche de parler éducation sexuelle et identité de genre à l’école ». Mais voilà, « ils se sont attaqués à la mauvaise personne », a asséné Ron DeSantis, qui à son tour vise le géant du divertissement. Pourtant, écrit Politico, « il fut un temps où ne pas s’attaquer à Disney en Floride était considéré comme une règle fondamentale ».

Mais le Wall Street Journal voit aujourd’hui un courant populiste « anti-compagnies » de plus en plus important, particulièrement sur les questions culturelles, au sein du parti républicain, pourtant considéré traditionnellement comme le parti du « big business ». La cause de ce rejet, selon Politico : « les entreprises considèrent comme bon pour leurs affaires de répondre aux besoins des consommateurs et de leurs employés les plus jeunes, qui ont tendance à aller vers le libéralisme social et la dernière cause à la mode ». C’est d’ailleurs sous la pression de ses employés que le PDG de Disney a fini par prendre la parole, rappelle le Boston Globe. Or, « les Républicains mourraient d’envie de se venger des corporations qui avaient défendu des causes woke », selon Politico.

Le Wall Street Journal voit donc dans cette nouvelle loi, qui supprime le statut favorable dont bénéficiait Disney en Floride, un avertissement lancé à d’autres compagnies, particulièrement à Wall Street et aux géants de l’informatique (Google, Amazon, Apple) : « ils sont surtout basés dans des États libéraux, mais font des affaires partout. S’ils essaient d’imposer leurs valeurs culturelles, ils risquent de perdre leurs alliés républicains sur les politiques qui leur importent le plus : commerce, taxes, droit du travail ».

Pour autant, le geste du gouverneur est risqué pour la Floride, estime le Boston Globe : « Disney pourrait menacer de quitter Disney World et ses installations obsolètes, ce qui serait un énorme coup porté à l’économie du centre de la Floride, qui dépend fortement du tourisme ». Pas forcément une bonne affaire pour Ron DeSantis, qui se verrait bien candidat à la prochaine présidentielle.

À Jacmel, accident ou crime ?

« La mairie de Jacmel estime à 70 millions de gourdes les pertes enregistrées par les marchands » lors de l’incendie qui a ravagé le plus grand marché de la commune, écrit Ayibopost. Le journal a interrogé le directeur du marché Baudoin, Jorel Pierre Avril. Selon lui, les trois agents de sécurité qui devaient surveiller une partie du marché ont entendu des tirs vers 2h du matin, et se sont cachés. Lorsqu’ils sont sortis, l’entrée principale du marché brûlait déjà. Pour Jorel Pierre Avril, ce ne sont pas des détritus en feu qui sont à l’origine de l’incendie. Accident ou crime, ce sera au service départemental de la police judiciaire de trancher, puisque rapporte Ayibopost, il s’est saisi du dossier.

En tout cas, le Nouvelliste estime que de drame en drame, aucune leçon n’est apprise. Le journal le rappelle : « l'incendie de nos marchés publics est récurrent, cela n'empêche pas qu'il nous prend au dépourvu à chaque fois. Nos sapeurs-pompiers sont rarement à la hauteur. Quand ils ont le camion, ils n'ont pas d'eau. Aujourd'hui encore, les sapeurs-pompiers étaient sur place, mais impuissants (...) Les drames de cette semaine doivent rappeler à nos autorités qu'il y a des responsabilités qui marchent avec leurs postes ».

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