À la Une: nouvelles tensions à Minneapolis

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La ville de Minneapolis est toujours sous tension après une deuxième nuit consécutive de manifestations, et cela malgré l'entrée en vigueur d'un couvre-feu. La mort d’un jeune homme noir en plein procès sur le meurtre de George Floyd a ravivé la colère des habitants. « Justice for Daunte Wright », « Justice pour Daunte Wright » a été écrit en grosses lettres rouges sur la rue, près du mémorial de George Floyd.

Cette photo fait la Une du New York Times ce mardi. Le journal rapporte que des centaines de personnes ont manifesté hier soir en face du commissariat de Brooklyn Center, dans la banlieue de Minneapolis, défiant le couvre-feu mis en place à partir de 19h. « Des manifestants qui se sont affrontés avec la police », titre le journal local Star Tribune.

Peu avant le début des manifestations, la police a publié un enregistrement vidéo qui montre comment Daunte Wright, 20 ans, a été abattu par une policière lors d’un contrôle routier. Elle avait confondu son arme avec un Taser. Une enquête a été ouverte. La vidéo qui provient de la caméra embarquée de la policière été beaucoup commentée par les manifestants hier soir. « Ça m’inquiète beaucoup », explique la directrice d’un centre de formation professionnel pour les Afro-Américains au Star Tribune. « Je suis la mère d’un fils qui a le même âge que Daunte Wright, cela aurait pu être lui ».

Le Mexique « a échoué dans la gestion de la pandémie »

Au Mexique, une enquête d’un institut de recherche californien fait la Une de la presse. Selon l'Institute for Global Health Sciences, le Mexique aurait pu éviter les plus 190 000 morts du Covid-19 si le gouvernement avait mieux géré la crise sanitaire. C’est le titre du journal El Universal. « Le Mexique a échoué dans sa réponse face à la pandémie », conclut l’étude de l’institut de recherche, commandée par l’Organisation mondiale de la santé.

Cette incapacité a coûté de nombreuses vie, selon le rapport qui souligne notamment une pénurie de tests et un manque cruel de prise en charge des patients. Le fait que très peu de Mexicains aient pu être testés a occulté le nombre réel de contaminations. En se basant sur de faux chiffres, les autorités n’ont pas pris les mesures adéquates, poursuit l’institut de recherche. Selon l’étude, la prise en charge des patients a révélé encore une fois une grande inégalité sociale des Mexicains face à l’accès aux soins.

Les sénateurs brésiliens vont enquêter sur la gestion de la crise sanitaire

La pandémie de Covid-19 est aussi à la Une de la presse brésilienne. Avec notamment son volet politique. Le président Jair Bolsonaro tente d’empêcher la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur sa gestion de la crise. Cette commission d’enquête devrait être créée ce mardi au Sénat, mais les alliés du président essayent de l’empêcher en contestant sa légitimité et en faisant valoir des vices de procédure.

D'après Folha de S.Paulo, le gouvernement craint que cette commission ne nuise à la popularité du président, déjà en baisse depuis plusieurs mois. Et cela alors que la campagne pour sa réélection est censée débuter en juin prochain. Le président lui-même nie toute tentative d’obstruction, c’est à lire en Une de l’hebdomadaire CartaCapital. Mais d’après un sénateur de l’opposition, le gouvernement n’a aucun moyen d’empêcher la mise en place de cette commission, prévue ce mardi à 16h heure de Brasilia.

Pedro Castillo ou Keiko Fujimori, deux visions pour le pays

Au Pérou, on connait désormais les candidats du second tour des élections présidentielles : le professeur Pedro Castillo, représentant de la gauche radicale affrontera la candidate de la droite populiste, Keiko Fujimori. Après le dépouillement d’environ 91% des bulletins de vote par l'Office national électoral (ONPE), Pedro Castillo comptabilisait plus de 19,10% des suffrages et Keiko Fujimori 13,34%. Avec ces deux finalistes, le pays se trouve à la croisée des chemins, écrit le journal El Comercio.

Dans quelques mois, les électeurs auront le choix entre deux visions du pays, deux perspectives de l’avenir. Et deux candidats aux profils très différents, ajoute le journal. Keiko Fujimori, qui fait partie du paysage politique depuis les années 90, est confrontée à un relatif novice en politique, qui a gagné en popularité dans le centre et le sud du pays.

Ce choix montre un pays qui est fatigué, déprimé, qui cherche désespérément une nouvelle figure, une sorte de chevalier blanc capable de le sauver, commente un politologue dans les colonnes du journal La República. Un autre expert qui s’exprime dans le même journal, prédit une campagne pour le second tour très divisé et imprévisible.