À la Une: un nouveau président pour le Pérou

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Il s’appelle Francisco Sagasti, c’est un député centriste que le Parlement a élu hier lundi 16 novembre 2020, président par intérim. Chose unique dans l’histoire du pays, c’est le troisième chef d’État qui arrive au pouvoir en seulement une semaine. Élu avec 97 voix sur 123 suffrages exprimés au Parlement, Francisco Sagasti, surnommé Don Quichotte pour sa barbe chenue, était le seul candidat. Son mandat court jusqu'en juillet 2021, date à laquelle devait s'achever celui du président Martin Vizcarra, qui a été destitué le 9 novembre dernier.

Qui est ce nouveau président par intérim ? Les médias péruviens tentent de dresser son portrait. Mais ce n’est pas si simple que cela, admet El Comercio. Selon le journal, il est difficile de classer ce novice en politique de 76 ans. Ingénieur de formation, ex-professeur d’université, auteur d’une vingtaine de livres, mais aussi compositeur et réalisateur, il a été élu député pour la première fois en mars 2020. En tout cas, pour le journal La República, c’est une nouvelle mission qui l’attend à partir d’aujourd’hui, une mission « historique ». Toujours selon le quotidien, il s’agit de « récupérer la démocratie » dans le pays.

La República estime que les députés et instigateurs du « coup d’État », ceux qui avaient destitué l’ex-président Vizcarra ont dû céder à la pression des jeunes qui se sont mobilisés depuis plusieurs jours. Et c’est à eux que le nouveau président par intérim s’est adressé hier devant le Parlement en promettant de restaurer la confiance des citoyens.

Reconstruire le système politique

Mais selon une politologue qui s’exprime également dans La República, il faut à présent aussi « reconstruire tout le système politique ». D’après Paula Munoz, les parlementaires doivent comprendre qu’ils ne pourront plus poursuivre un agenda politique destiné à satisfaire uniquement leurs intérêts personnels. Chaque tentative dans ce sens provoquera la colère de la rue comme on l'a vu ces derniers jours. La politologue espère aussi que la jeunesse, au-delà d’une volonté légitime de montrer sa désapprobation des parlementaires, s’engage en politique pour devenir des acteurs d’un changement des mentalités.

Au Brésil, un nombre record de candidats transsexuels aux municipales

C’est à lire dans le Diario de Pernambuco selon lequel 13 candidats transsexuels ont pu obtenir des mandats électoraux lors du premier tour des éléctions municipales dimanche dernier. C’est le cas dans les grandes villes comme Sao Paulo ou Belo Horizonte. À Belo Horizonte, la sixième ville du pays, Duda Salabert est devenue la première transsexuelle à se faire élire au conseil municipal, avec un record de plus de 37 000 voix faisant d’elle la députée la mieux élue de Belo Horizonte. « C’est une victoire historique », s’est exclamée par exemple une autre candidate élue, Érika Hilton. Membre du parti de gauche PSOL, elle est devenue la première transsexuelle noire élue au conseil municipal de Sao Paulo, la capitale économique du Brésil.

Le journalO Tempo rappelle que ces performances historiques se déroulent dans une ambiance tendue voire dangereuse pour les homosexuels et transsexuels au Brésil. C’est un pays « machiste et homophobe » dans lequel les meurtres homophobes ne cessent d’augmenter. L’année dernière, 124 personnes transsexuelles ont été assassinées, rappelle O Tempo, un chiffre en augmentation de 70% par rapport à l’année précédente.