À New Delhi, une centaine d'individus attaquent la prestigieuse université Nehru

L’université Jawaharlal Nehru, l'une des plus importantes de la capitale indienne New Delhi, a été attaquée ce dimanche 5 janvier par une centaine d’assaillants, et ses professeurs et militants syndicaux battus.

Avec notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis

Il est 18h30, la nuit vient de tomber sur la capitale quand des dizaines de jeunes hommes masqués et cagoulés se déversent dans les bâtiments de l’université Jawaharlal Nehru, des bâtons et des barres de fer à la main. Ils saccagent une partie des locaux, les voitures et s’en prennent aux professeurs et étudiants. Ils visent particulièrement la présidente du syndicat étudiant de l’université, Aishe Ghosh, qui est apparue sur une vidéo postée sur Twitter, le visage en sang.

Cette attaque est très symbolique : l’université Nehru est non seulement l’une des plus prestigieuses facultés de sciences humaines du pays, l’équivalent indien de la Sorbonne, elle est également l’un des piliers de la pensée libérale et laïque que le gouvernement nationaliste hindou au pouvoir cherche à combattre, particulièrement pendant les débats actuels autour de la loi sur la citoyenneté.

Les assaillants n’ont pas été clairement identifiés, mais tous accusent le syndicat étudiant ABVP, lié au parti au pouvoir, notamment parce que les victimes ont été forcées d’entonner des chants nationalistes. Le gouvernement, lui, n’a d’ailleurs réagi que tardivement et timidement à cette attaque, alors que la police de New Delhi, sous son contrôle, a mis du temps à intervenir. L’opposition et les intellectuels laïcs dénoncent quant à eux la dérive fasciste d’un gouvernement qui cherche à faire taire sa jeunesse éduquée par la force.