À Nanterre, la mère de Nahel dénonce « une véritable injustice » après la libération du policier

La mère de Nahel a exprimé son sentiment d’injustice face à plusieurs centaines de manifestants, suite à la libération du policier qui a tué son fils en juin dernier.

La mère de Nahel, adolescent de 17 ans abattu par un policier en juin, accablée lors d’une manifestation après la libération du policier qui a tué son fils, le 19 novembre 2023.
MIGUEL MEDINA / AFP La mère de Nahel, adolescent de 17 ans abattu par un policier en juin, accablée lors d’une manifestation après la libération du policier qui a tué son fils, le 19 novembre 2023.

POLICE - La mère de Nahel en larmes. Plusieurs centaines de manifestants ont répondu à son appel à descendre dans la rue ce dimanche 19 novembre, quelques jours après la remise en liberté du policier auteur du tir mortel sur l’adolescent en juin.

« C’est inadmissible, il (le policier) n’a fait que quatre mois et demi de détention, ce n’est rien, il a enlevé une vie, deux vies, il m’a tuée en même temps », a déclaré la mère de Nahel en pleurs, face aux quelques 5 000 personnes rassemblées place Nelson Mandela à Nanterre. « Le matin, quand je me réveille, je n’ai plus sa voix, je n’ai plus la tête de mon fils, je n’ai plus le sourire de mon fils, tout me manque de mon bébé », a-t-elle encore confié, vêtue d’un tee-shirt blanc « Justice pour Nahel ». En réponse, les manifestants ont scandé, dans le calme, le slogan : « Pas de justice, pas de paix ».

La justice a ordonné ce mercredi de libérer le policier âgé de 38 ans qui a fait tiré et causé la mort de Nahel, 17 ans, au volant de sa voiture lors d’un contrôle routier à Nanterre le 27 juin dernier. Le policier reste mis en examen pour meurtre et a été placé sous contrôle judiciaire. Il doit « verser un cautionnement » et a interdiction d’entrer en contact avec les témoins et les parties civiles, « de paraître à Nanterre » et de « détenir une arme », a détaillé le parquet.

« C’est de l’injustice »

Le visage masqué, des amis de Nahel se sont exprimés pour critiquer la remise en liberté du policier, décidée mercredi. « N’oubliez pas Nahel ! », a lancé au micro un des amis de l’adolescent. « C’est toujours les mêmes qui meurent de refus d’obtempérer », a également dénoncé l’un d’eux, tandis que d’autres brandissaient des pancartes sur lesquelles était écrit « La police tue ».

Dimanche, Shaïnez, 16 ans, est venue avec sa mère protester contre cette décision. Elles vivent dans la cité Pablo Picasso et sont voisines de la mère de Nahel. « On est obligées de se battre, de venir pour lui », dit Shaïnez, révoltée par la remise en liberté « incompréhensible » du policier. « Nahel, on ne le reverra pas, et le policier sera avec sa famille pour les fêtes, c’est de l’injustice », a-t-elle déclaré à l’AFP.

Imane, étudiante de 19 ans à la faculté de Nanterre qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, confie, elle, ressentir du « dégoût » après la libération du policier. Elle ajoute s’être déplacée pour « rappeler qu’un meurtre est un meurtre, quel que soit le statut » du mis en cause.

Plusieurs manifestants portaient également des pancartes disant « 435-1, la loi tue », référence à l’article du Code de la sécurité intérieure (CSI) qui régit les conditions dans lesquelles les policiers et gendarmes peuvent faire usage de leur arme. Présent au rassemblement, le député LFI Thomas Portes a répété que son groupe voulait l’abrogation de cet article de loi adopté en 2017.

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