À la Une: multiplication des appels au départ de Donald Trump

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Donald Trump ce jeudi a donc lancé un appel à la « réconciliation », condamnant « une attaque odieuse » sur le Capitole. Un ton qu’on ne lui connaît pas, mais la presse américaine est quasiment unanime : ce n’est pas suffisant. « C’est probablement trop peu et trop tard pour faire taire la clameur » note le Los Angeles Times. « Le président condamne les violences un jour après avoir incité la foule à les commettre », remarque le Boston Globe, qui comme le Washington Post et le Wall Street Journal titre en Une : « De plus en plus d’appel à la destitution de Trump alors que des responsables américains se dirigent vers la sortie. »

Politico de son côté fait le lien entre ces appels et le fait que le président reconnaisse la victoire de Joe Biden : « Trump, face à des menaces de destitution, concède la victoire. » Il n’y a guère que le New York Post, jusqu’ici proche du président, à tenter de détourner le regard : il titre ce vendredi encore sur les évènements de mercredi, avec un énorme « Révoltant » imprimés sous le visage de ceux qui sont entrés, de force, dans le Capitole. Le journal demande aussi à l’entourage du président d’arrêter de démissionner : « Le pays a besoin de plus de voix de la raison dans l’oreille du président, pas de moins. »

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« Impeach Trump again. Now »

Pour le Boston Globe, c’est de toute façon trop tard : « Lancez une nouvelle procédure de destitution contre Donald Trump, et faites-le maintenant », c’est le titre de l’éditorial du journal. Le pays est « clairement en danger à moins que d’autres responsables à Washington prennent des mesures extraordinaires », affirme quotidien, parlant du « profond mépris (du président) pour la démocratie et son désir d’utiliser la violence pour rester à la tête du pays », et soulignant « les pouvoirs extraordinaires encore à sa disposition pour deux semaines, et les milliers d’extrémistes fascistes prêts à recevoir ses prochaines ordres ». « Il n’a jamais été aussi dangereux », résume le Los Angeles Times, qui comme le reste de la presse évoque le 25e amendement qui permettrait au vice-président de déclarer le président inapte, mais journal note ses limites : d’abord cela prendrait du temps, et puis cela « ne l’empêcherait pas de revenir plus tard ». Selon le New York Times, « l’inculpation pénale pourrait être finalement vue comme la plus appropriée », car « les actions de Donald Trump ces derniers jours pourraient très bien aller à l’encontre des lois sur l’insurrection ou l’incitation ». Et le journal d’indiquer que le ministère de la Justice n’exclue pas de le poursuivre.

Des forces de sécurité débordées

Autre questionnement dans la presse aux États-Unis : comment la police du Capitole, et plus largement les forces de l’ordre, ont pu se laisser déborder à ce point mercredi… « Une défaillance monumentale des mesures de sécurité », titre le Washington Post, qui rappelle que la police du Capitole n’a appelé à l’aide d’autres agences de sécurité que lorsque le bâtiment a été cerné par la foule. Et « ce désastre n’a pas pris par surprise les ministères de la Défense et de la Justice, ou encore la mairie de Washington », indique le quotidien. « Ils l’ont vu venir, mais ils pensaient que 6 à 8 000 membres des forces de sécurité suffiraient. » Et pourtant, explique le Wall Street Journal, dès lundi, dans des forums de discussion sur internet, il était marqué que « des supporters de Trump prévoyaient de forcer le Capitole à évacuer pendant la cérémonie de certification ». Des responsables de la sécurité expliquent aujourd’hui qu’ils « pensaient que ce genre de langage tenait de l’hyperbole souvent utilisée par les groupes d’extrême droite » et ils ont sous-estimé la menace. Le Wall Street Journal souligne également que « lundi, la maire de Washington avait demandé aux forces de sécurité fédérales d’être discrètes pendant les manifestations, pour éviter le genre de démonstrations de force qui avaient provoqués les violences de l’an dernier » après la mort de George Floyd. En tous cas, selon le Washington Post, la mairie travaille maintenant avec le Pentagone pour mobiliser 6 000 gardes nationaux pour éviter un nouveau fiasco lors de l’investiture de Joe Biden, le 20 janvier.

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Confinement renforcé ou total en Colombie

El Tiempo rapporte que le record des contagions en une journée a été dépassé hier, avec plus de 17 500 cas. « Comme au début de la pandémie, Bogota entre en quarantaine totale », titre El Espectador. À partir de ce vendredi, le confinement est renforcé pour 30 des 50 millions d’habitants du pays, et total pour la capitale. Le journal dresse la liste de 17 villes concernées, et explique comment dans chacune de ces villes le couvre-feu va être mis en place et à quelles heures. L’objectif est d’alléger la pression sur « les unités de soins intensifs de ces villes dont les lits sont occupés à 70, 80, 85% ou même plus ». 86% à Bogota, principal foyer d’infection du pays avec un tiers des cas, dorénavant en confinement total jusqu’à mardi. El Tiempo s’interroge sur les propos de la maire de Bogota qui hier « a surpris en affirmant que l’accélération des contagions que nous vivons depuis fin décembre pourrait s’expliquer par la circulation de la variante britannique du virus ». Aucune certitude là-dessus, a réagi l’Institut national de la santé dans El Espectador, et il serait de toute façon « peu probable que si ce virus circule, il soit responsable de plus de 10% des cas ». Non, selon un virologue interrogé par El Tiempo, cette augmentation est plutôt due au mauvais usage des masques, aux réunions familiales organisées sans précautions, aux réunions religieuses dans des espaces clos... et un docteur en santé publique note que Bogota n’a mis en place de couvre-feu « ni le 7 décembre », où l’on célèbre la vierge en allumant des bougies, « ni pour la nativité ni pour la nouvelle année alors que l’académie de médecine l’avait demandé ». Un couvre-feu qui sera finalement mis en place à Bogota à partir de mardi après le confinement et jusqu'au 17 janvier.

Le calendrier électoral dévoilé en Haïti

Les calendriers référendaire et électoral ont été présenté hier par le CEP : « Le referendum constitutionnel fixé au 25 avril, les élections présidentielles et législatives au 19 septembre », titre Le National. « Décidément, le président de la République et son Conseil électoral provisoire n'entendent pas faire machine arrière » juge Haiti Press Network, « malgré les nombreuses voix qui s'élèvent au sein de la société pour dire "NON" à l'organisation d'élections de manières unilatérales ». Le Nouveliste rapporte de son côté que « les différentes composantes de l'opposition n'ont accordé aucune importance » à ce calendrier, car elles ont transmis le 4 janvier à la presse un autre calendrier, de mobilisation, « pour forcer le président Jovenel Moïse à quitter le pouvoir le 7 février prochain ».