À Montpellier, des chercheurs décryptent le « masque et tuba » du riz

Éléonore Solé, Rédactrice scientifique
·2 min de lecture

Des notes de rap s'échappent de la première porte ouverte du couloir. À l'intérieur, Christophe Périn travaille sur son ordinateur portable. Ce chercheur du Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) de Montpellier est souvent dans son bureau. Très souvent. « Christophe est l'un des rares chercheurs chef d'équipe à faire encore des manips au labo, parce qu'il est passionné, mais quand on est chef d'équipe on n'a plus le temps », constate Anne-Cécile Meunier, responsable de la partie biologie moléculaire du laboratoire.

Depuis l'été dernier, l'équipe de Christophe Périn a entamé la phase d'expérimentation de leur nouveau projet : identifier les gènes responsables de la présence d'aérenchymes chez le riz. Les aérenchymes sont des tissus faits de cellules mortes, formant des canaux dans les organes des plantes. Ces canaux servent notamment pour la circulation de l'oxygène dans la plante. Si une céréale grandit les pieds dans l'eau, il est probable qu'elle développe des aérenchymes car ceux-ci l'aident à « respirer » sous l'eau. On parle de tolérance à la submersion. Puisque le réchauffement climatique va accroître les risques d'inondation et donc de submersion des cultures de céréales, avance Christophe Périn, mieux comprendre l'origine génétique et le rôle des aérenchymes serait un précieux atout. De nouvelles variétés d'intérêt agricole pourraient en émerger.

Cette coupe horizontale d'une racine de riz est observée en microscopie à fluorescence, il n'y a pas de coloration. On reconnaît les aérenchymes qui forment des déchirures. © Sergi Navarro Sanz
Cette coupe horizontale d'une racine de riz est observée en microscopie à fluorescence, il n'y a pas de coloration. On reconnaît les aérenchymes qui forment des déchirures. © Sergi Navarro Sanz

De l'indifférence à la serre

Pour décoder les mécanismes entraînant la formation des aérenchymes chez le riz, l'équipe de recherche a prévu de deux à trois ans. En ce moment, la responsable de la production des plantes transgéniques, Aurore Vernet, s'attelle au 2e cycle d'obtention de riz transgéniques. Ces plantes sont modifiées pour que certains gènes ne s'expriment pas,...

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