À Lyon, entre mensonges et violences, le procès de la « veuve noire »

Le procès doit se tenir pendant trois jours devant les assises du Rhône.  - Credit:MARTIN BERTRAND / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Le procès doit se tenir pendant trois jours devant les assises du Rhône. - Credit:MARTIN BERTRAND / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

« Je suis sortie d'une prison pour entrer dans une autre, bien pire. » En détention, Rose a fait le récit de sa vie. Pendant un an, dans sa cellule, elle a écrit. Au fil des pages qui seront saisies en février 2021 – et dont Rose a dit qu'elle ignorait que le juge puisse les demander –, elle décrit son mari Michel tantôt comme un manipulateur, tantôt comme un tortionnaire. Il était « alcoolique », « borné » et « orgueilleux », pose-t-elle sur le papier. Rose avait dix-huit ans quand elle a épousé Michel Zirafa. Lui en avait quinze et demi. Nous sommes en 1990 et les deux jeunes gens, dont l'amour est alors décrit comme « fusionnel », ont obtenu une dérogation pour pouvoir convoler. Vingt-huit ans plus tard, elle l'exécutera d'une balle dans la tête.

Au-delà des faits, c'est sur ces vingt-huit années que devra se pencher la cour d'assises du Rhône, où Rose Filippazzo doit comparaître à partir de mercredi pour « meurtre sur conjoint ». Sur cette union qui s'est étiolée, où petits et grands mensonges semblent s'être constamment entrechoqués, au point qu'il est pour l'heure impossible de savoir où se situe la vérité sur le chemin de ces vies brisées.

Reste cette certitude : Michel Zirafa a été tué d'une balle dans la tête une nuit de septembre 2018. Et il aura fallu sept mois avant que sa femme Rose ne reconnaisse être l'auteur du coup mortel. Est-ce cette « jalousie maladive », que de nombreux témoins ont décrite, qui a consumé le couple au point que Rose comme [...] Lire la suite