À Londres, inquiétude face au nombre de fouilles corporelles intégrales sur des mineurs

Photo MAIRO CINQUETTI NurPhoto via AFP

“Les agents de police londoniens ont procédé à 650 fouilles corporelles intégrales sur mineurs en l’espace de deux ans.” C’est le constat contenu dans le rapport de la commissaire aux enfants pour l’Angleterre, Rachel de Souza.

Comme l’écrit The Guardian le 8 août, cette ancienne enseignante, chargée de veiller au respect des droits des mineurs, est convaincue que “les agents n’ont pas souvent pris en compte l’intérêt et le bien-être de ces enfants”. Dans un quart des cas, explique le quotidien classé à gauche, aucun “adulte tiers” n’était présent durant les fouilles, une condition pourtant obligatoire. À noter que, dans la plupart des cas, les enfants déshabillés se sont révélés être innocents, souligne le rapport.

Un racisme systémique dénoncé

Autre point soulevé par la commissaire, “la surreprésentation de jeunes issus de minorités ethniques” dans ces fouilles intégrales. D’après le document, “parmi les adolescents âgés de 10 à 17 ans qui y ont été soumis entre 2018 et 2020, 58 % étaient noirs”.

Ce rapport intervient deux ans après l’affaire “Child Q” à Hackney, un quartier de l’Est londonien. En 2020, “une jeune fille de 15 ans avait été déshabillée pour être fouillée par des policières qui la soupçonnaient de transporter du cannabis dans son école”. L’élève avait été “fouillée en l’absence d’un adulte tiers et alors que les agents avaient été informés qu’elle avait ses règles”.

Une affaire qu’a rappelée Rachel de Souza en marge de la publication du rapport. La commissaire dénonce en outre une forme de racisme systémique et institutionnel au sein de la police britannique.

Un avis que partage Andy George, président de la National Black Police Association, qui représente les intérêts des membres des forces de l’ordre issus de minorités ethniques :

“On observe toujours ces schémas de discrimination contre les communautés noires. La plupart des agents n’ont pas l’intention de faire du mal mais ils en font à cause de problèmes structurels, cela vient de la culture, de leur formation, du manque de représentation, ils traitent systématiquement les Noirs différemment.”

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