À Lille, un mort après l’effondrement de deux immeubles

Un corps sans vie a été retrouvé dans les décombres des deux immeubles effondrés à Lille (ici photographiés  le 12 novembre).
SAMEER AL-DOUMY / AFP Un corps sans vie a été retrouvé dans les décombres des deux immeubles effondrés à Lille (ici photographiés le 12 novembre).

LILLE - Les secours ont retrouvé dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 novembre le corps sans vie d’une victime dans les décombres de deux immeubles qui s’étaient effondrés samedi matin en plein centre de Lille. Il s’agit probablement de celui d’un médecin porté disparu.

Selon le commandant des opérations de secours, Stéphane Beauventre, « il y a beaucoup de convergence pour qu’on soit sur la personne qu’on recherchait depuis ce midi », un médecin de 45 ans, qui s’était vu prêter un appartement dans l’immeuble pour le week-end.

« Son corps est parti à l’institut médico-légal. Il sera clairement identifié par la suite », a-t-il précisé.

La victime a été localisée peu avant 1 h 30 du matin, a indiqué une source policière. La préfecture a confirmé la découverte d’une personne décédée.

« La scène maintenant est figée »

Deux immeubles de trois étages, dont l’un était en travaux, s’étaient écroulés samedi vers 9 h 15 rue Pierre-Mauroy, une artère commerçante du centre-ville, mais la plupart des habitants avaient pu être évacués grâce à l’alerte lancée par l’un d’eux quelques heures plus tôt.

Plusieurs responsables politiques avaient initialement indiqué qu’il n’y avait « a priori » pas de victimes, avant que les pompiers annoncent être à la recherche de ce médecin dont la voiture était garée sur place et qui ne s’était pas présenté à ses rendez-vous.

Une autre personne, légèrement blessée, avait pu être évacuée au-dessus des décombres samedi après midi, selon les secours.

« On vient de refaire passer les chiens pour une dernière levée de doute. On va procéder à la levée de l’ensemble du dispositif », a précisé dans la nuit le lieutenant-colonel Stéphane Beauventre. « La scène maintenant est figée pour le procureur. »

Le parquet de Lille a indiqué à l’AFP avoir ouvert une enquête pour « mise en danger de la vie d’autrui » et diligenté « une expertise judiciaire ».

Une dizaine de personnes avaient été évacuées

Selon le ministre délégué au Logement, Olivier Klein, qui se rendra à Lille lundi, cet immeuble n’était pas « frappé d’insalubrité ».

Une dizaine de personnes avaient été évacuées quelques heures avant l’effondrement, a expliqué la maire socialiste de Lille, Martine Aubry, présente sur place samedi matin. C’est un des habitants, rentré chez lui à 3 heures, qui a donné l’alerte, après avoir constaté « que l’immeuble avait bougé ».

« On n’arrivait plus à ouvrir la porte, on entendait des gravats tomber », a raconté à France Bleu Nord ce jeune homme, Thibault Lemay, qui a aussitôt prévenu les secours.

La police municipale et les pompiers ont décidé d’évacuer un bâtiment, l’autre semblant vide, estimant « qu’il y avait un vrai risque » a indiqué Martine Aubry. « J’en tremble encore, car si cette nuit ce monsieur n’était pas rentré à 3 heures du matin et ne nous avait pas joints (...) il y aurait des morts », a-t-elle déclaré, avant l’annonce qu’un riverain était porté disparu. Elle a précisé avoir pris « un arrêté de péril imminent ».

Les bâtiments avoisinants ont été évacués samedi matin « par précaution », et le périmètre avait été sécurisé par de nombreux policiers, tandis que des bâches ont été installées pour empêcher les passants de voir les opérations en cours.

Après la tombée de la nuit, les pompiers ont continué à fouiller sous la lumière de puissants projecteurs dans les gravats, un mélange poussiéreux de briques et de poutrelles en métal, restes d’un échafaudage sur la façade du bâtiment, dans lesquels on pouvait distinguer un escalier et des huisseries en équilibre.